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Armistice du 11 novembre 1918 : le recteur Chems-eddine Hafiz à la cérémonie de la Mairie du 5e

Le recteur Chems-eddine Hafiz a participé à la cérémonie de commémoration de l'Armistice du 11 novembre 1918 organisée par la Mairie du 5e arrondissement de Paris dans sa Cour d'honneur, aux côtés de la maire Florence Berthout, du député de Paris Gilles Le Gendre et de l'adjointe à la maire de Paris, Marie-Christine Lemardeley.


La cérémonie était placée sous le signe de la reconnaissance de la République envers les soldats musulmans morts pour la France durant la Grande Guerre et du centenaire de la pose de la première pierre de la Grande Mosquée de Paris.


Les élèves des écoles élémentaires Boulangers et Sœur Rosalie ont marqué l'événement par leur lecture de lettres de soldats engagés en 1914-1918 et leur interprétation de la chanson “Sous les ponts de Paris”, qui était chantée par les Poilus.





ALLOCUTION

DE CHEMS-EDDINE HAFIZ

RECTEUR DE LA GRANDE MOSQUÉE DE PARIS


Commémoration du 11 novembre 1918

Mairie du 5e arrondissement de Paris

le 10 novembre 2022


Madame la Maire, chère Florence Berthout, Monsieur le Député de Paris, cher Gilles Le Gendre, Madame l’Adjointe à la Maire de Paris, chère Marie-Christine Lemardeley, Mesdames, Messieurs les élus, Messieurs les représentants des cultes, Messieurs les imams de la Grande Mosquée de Paris, Mesdames, Messieurs,


Nous célébrons aujourd’hui le cent-quatrième anniversaire de l’Armistice du 11 novembre 1918, qui mit un terme aux terribles dévastations de la Grande Guerre.


Durant quatre longues années, les soldats de l’armée française et de ses Alliés se sont sacrifiés pour entretenir l’espoir d’une paix prochaine.


Ils méritent notre gratitude infinie.


Le devoir de mémoire envers ces soldats est à l’origine de la construction de la Grande Mosquée de Paris, dont nous fêtons cette année le centenaire de la pose de sa première pierre.


Je remercie Madame la maire, Florence Berthout, et l’ensemble des élus ici présents, d’avoir saisi cette occasion pour rendre hommage à l’histoire de la Grande Mosquée de Paris et, à travers elle, à l’histoire des soldats musulmans morts pour la France.


Dès le début de la guerre, des centaines de milliers de soldats musulmans, venus d’Afrique du Nord et d’Afrique subsaharienne, sont appelés à la sauvegarde du pays.


Ils sont engagés sur tous les premiers fronts, de l’Alsace à l’Artois, pour déjouer l’avancée de l’armée adverse, avant de participer aux grandes batailles de la guerre de positions.


Avec tous leurs frères d’armes, ils affrontent les conditions effroyables des tranchées.


Dans l’enfer de Verdun, en 1916, leur courage permet la reprise de points stratégiques, au prix de sacrifices inouïs.


C’est justement à Verdun, au Mémorial dressé à la mémoire des soldats musulmans et inauguré par le président de la République Jacques Chirac, qu’une délégation de la Grande Mosquée de Paris s’est rendue ce matin pour un hommage militaire.


Permettez-moi un bref aparté pour rendre hommage au président Jacques Chirac dont la Cour d’honneur de la mairie du 5e arrondissement, où nous sommes réunis, porte le nom.


Après l’Armistice du 11 novembre 1918, le courage et le loyalisme des soldats musulmans sera salué par les autorités et le peuple français.


La trentaine de régiments de Tirailleurs Algériens, Tunisiens, Marocains et Sénégalais correspondra aux unités les plus décorées de notre armée.


La reconnaissance du sang versé par ces combattants est l’une des principales raisons d’existence de la Grande Mosquée de Paris.


Le 19 octobre 1922, lors de la cérémonie de la pose de la première pierre de la Mosquée de Paris, le Maréchal Lyautey devait ainsi déclarer :


« La France entend ne rien railler, ne rien troubler, ne rien effacer dans l’âme humaine de ce qui a pu contribuer à la réconforter, à l’élever, à l’ennoblir. »


À ce message fraternel, le premier Recteur de la Mosquée de Paris, Si Kaddour Ben Ghabrit, répondit :


« Ainsi la France unanime accorde non seulement à l’Islam un droit de cité dans sa capitale, mais prolonge au loin son appel à l’affection des musulmans. La France n’aura pas à s’en repentir, car c’est le fait de notre religion de placer au premier rang les sentiments de reconnaissance. La guerre l’a montré — l’avenir même en témoignera. »


Cent ans plus tard, le 19 octobre 2022, Monsieur le Président de la République Emmanuel Macron s’est à son tour rendu à la Grande Mosquée de Paris, en votre présence Madame la maire, Monsieur le député et Madame l’adjointe à la maire de Paris, pour témoigner du symbole – je cite – de « ce havre de paix né d'une tempête de l'histoire ».


« En ce jour d'automne 1922 – raconta Monsieur le Président à l’occasion de sa visite –, notre nation affirmait aux yeux du monde qu'on pouvait être Français et musulman. Et elle l'affirmait de la manière la plus manifeste, la plus durable : dans la pierre. C'est par la volonté de la République et les efforts des fidèles que le projet a pris corps, porté par un élan national sans précédent ».


Mesdames, Messieurs, aujourd’hui, pour les nouvelles générations, nous devons poursuivre la noble mission de reconstituer et de faire connaître la réalité de l’engagement des musulmans sous le drapeau français.


C’est un enjeu de mémoire nationale, c’est un enjeu de citoyenneté et d’avenir, et je remercie une fois encore Madame la Maire d’en avoir pleine conscience en organisant, ce jour, cette cérémonie de commémoration.

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