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Le recteur reçu par Roch-Olivier Maistre, président de l’Arcom, au sujet des discours antimusulmans


Ce mardi 7 novembre 2023, le recteur Chems-eddine Hafiz a été reçu par Roch-Olivier Maistre, président de l’Arcom.


Il lui a transmis une lettre dans laquelle il l’informe de l’inquiétude des musulmans de France au sujet de la libération et de la banalisation d’une parole antimusulmane dans les médias, lui demandant de prendre les mesures adéquates.



 

Monsieur le Président,


À l’heure où de graves tensions touchent la France et mettent en péril la cohésion de la communauté nationale et la coexistence religieuse dans notre pays, je souhaite en appeler à votre haute autorité pour maintenir la plus grande vigilance à l’égard des discours proférés dans la sphère médiatique, ainsi que sur les réseaux sociaux, portant atteinte à des groupes et des personnes en raison de leurs appartenances religieuses.


La Grande Mosquée de Paris a le devoir de s’inquiéter, en particulier, des faits répréhensibles commis à l’encontre de nos concitoyens de confession musulmane.


Ces derniers jours comme ces derniers mois, hélas, j’ai le regret de constater une évolution dangereuse et pernicieuse qui conduit les musulmans de France à devenir les cibles de propos absolument inadmissibles. Nous ne pouvons rester insensibles et passifs face à la libération et à la banalisation d’une parole essentialiste, stigmatisante, raciste et haineuse contre nos concitoyens musulmans.


Les médias ne sauraient être les vecteurs d’une pareille évolution. La multiplication, la répétition et la gravité de ce type de propos scandaleux tenus dans certains médias et par certaines personnalités médiatiques sont indignes de notre pays si fondamentalement attaché à la liberté d’expression et aux débats d’opinion.


Si la Grande Mosquée de Paris se réserve le droit de poursuivre en justice les personnalités tenant de tels propos, je sollicite également votre haute autorité pour agir plus intensément et plus fermement contre ces dérives inacceptables, pour les sanctionner à leur juste mesure et pour éviter qu’elles ne se reproduisent.


La lutte contre ces méfaits, qui tendent à exclure les musulmans de la communauté nationale et à la diviser elle-même, est complexe. Elle ne concerne pas seulement les citoyens de confessions musulmanes mais représente un enjeu d’intérêt commun et un défi pour l’avenir apaisé de notre société toute entière.


Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma considération la plus élevée.


Chems-eddine HAFIZ

Recteur de la Grande Mosquée de Paris



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