Notre mosquée (n°73) - À la Grande Mosquée de Paris, l’adhan parlait aussi à ceux qui ne comprennent pas l’arabe
- il y a 6 heures
- 2 min de lecture

Par Nassera Benamra
Depuis son ouverture en 1926, la Grande Mosquée de Paris est traversée par une parole réelle, continue. Ici, les mots ne sont pas seulement prononcés, ils s’inscrivent dans le temps, dans l’architecture, dans les silences et dans les rencontres.
Parmi ces moments de parole, il y a d’abord l’adhan, l’appel à la prière. Cinq fois par jour, il rythme la vie du lieu. La voix mouadhine s’élève avec régularité, comme un repère dans la journée, une invitation à interrompre le flux du quotidien pour se tourner vers l’essentiel. Lorsque cette voix se fait entendre, y compris pour des visiteurs non musulmans, immanquablement, quelque chose de particulier se produit … une parole intime, destinée à la dévotion, devient audible pour tous. Sans explication immédiate, elle porte pourtant une impression de fidélité, d’élévation et de présence.
L’adhan est une proclamation simple dans sa formulation, mais dense dans sa portée, cette formulation improvisée par Bilal Ibn Rabah, il y a quatorze siècles, affirme l’unicité de Dieu, appelle à la prière et rappelle la recherche de la réussite spirituelle et au travail. Pour ceux qui ne comprennent pas l’arabe, la beauté de l’adhan est d’abord sonore, presque musicale, avant d’être pleinement intelligible dans son sens. Il y a là une expérience sensible avant même une compréhension littéraire.
Dans ce contexte, les responsables du lieu ont toujours veillé à une forme d’équilibre et de respect du voisinage, notamment à travers des études acoustiques et une attention portée à la diffusion du son, afin que l’appel à la prière et les récitations ne dépassent pas le cadre de la mosquée et s’inscrivent harmonieusement dans l’environnement urbain.
L’idée d’afficher une traduction ou une interprétation de l’adhan sur des écrans ne viendrait pas en modifier la nature. Elle pourrait être pensée comme un simple geste de médiation culturelle, une manière d’accompagner la compréhension sans toucher ni à la langue originelle ni à la dimension spirituelle de l’appel. Il ne s’agit pas d’en réduire le mystère, mais d’en ouvrir doucement l’accès à ceux qui le découvrent sans en connaître le sens.
Si ces mots, entendus chaque jour, pouvaient aussi être mieux compris ? Sans rien enlever à leur force ni à leur beauté, en proposer la signification en plusieurs langues serait une manière de partager ce qu’ils portent comme une invitation, une orientation intérieure, un rappel.
L’Adhan est composé de 15 phrases :
1- Allâhou Akbar (4 fois)
2- Ach-hadou Al -lâ ilâha ill Allâh (2 fois)
3- Achhadou Anna Mohammadan rasoûloullâh (2 fois)
4- Haya ‘ala salâh (2 fois)
5- Allâhou Akbar (2 fois)
6- Lâ Ilâha Illa Allâh (2 fois)
Ce qui signifie : Allah est Le plus grand, Allah est Le plus grand, Allah est Le plus grand, Allah est Le plus grand. Je témoigne que nul n’est digne d’être adoré en dehors d’Allah. Je témoigne que nul n’est digne d’être adoré en dehors d’Allah. Je témoigne que Mohamed est le Messager d’Allah. Je témoigne que Mohammed est le messager d’Allah. Accourez à la prière. Accourez à la prière. Accourez vers le succès. Accourez vers le succès. Allah est le plus grand, Allah est le plus grand. Nul n’est digne d’être adoré, autre qu’Allah.




Commentaires