Notre mosquée (n°68) - Dans les mosquées affiliées à la Grande Mosquée de Paris : partage et solidarité
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Par Nassera Benamra
Durant le mois béni de Ramadhan, la solidarité ne se proclame pas, elle se vit. A la Grande Mosquée de Paris comme au sein des mosquées qui lui sont affiliées, elle prend la forme de gestes simples, renouvelés chaque jour, permettant à chacun de traverser cette période dans la dignité et le partage. Des actions suivies de près par le recteur, qui veille personnellement à ce que cet élan de générosité se déploie concrètement sur le terrain.
Chaque dimanche, une distribution alimentaire est organisée en partenariat avec l’association ADDRA pour venir en aide aux étudiants. Dans un contexte souvent marqué par la solidarité, ces actions permettent à de nombreux jeunes de rompre le jeûne dans de meilleures conditions, entourés et soutenus.
Chaque vendredi, la Grande Mosquée de Paris ouvre également ses portes à des étudiants pour un iftar collectif. Autour de la table, les parcours se croisent, les solitudes s’effacent, et un esprit de convivialité s’installe naturel-lement. ADDRA accompagne fidèlement ces rendez-vous, contribuant à faire de ces moments des instants chaleureux où la générosité se partage autant que les repas.
Mais au-delà de ces temps forts, c’est un véritable élan quotidien qui se déploie, ici à la Grande Mosquée de Paris. Depuis le premier jour du Ramadhan, des centaines de repas sont préparés et distribués chaque soir grâce à la mobilisation des imams et de nombreux bénévoles. Hommes et femmes, dans leurs espaces de prière respectifs, participent à cet effort collectif. Les bénéficiaires sont multiples : personnes en difficulté, étudiants, jeûneurs de passage ou les « abir sabil », mais aussi des non-musulmans, accueillis dans le même esprit d’ouverture.
Cet engagement dépasse largement les murs de la Grande Mosquée de Paris. A travers toutes les régions de France, ces mosquées affiliées reproduisent ces actions solidaires, veillant à ce que personne ne soit privé d’un f’tour ou d’un moment de partage durant ce mois béni.
Dans les Hauts-de-France, cet élan de solidarité s’est concrétisé par la distribution de plus de 6 500 repas d’iftar, servis sur place ou à emporter, grâce à la mobilisation d’associations locales et de nombreux bénévoles. Le Club des doctorants et étudiants des Hauts-de-France, l’association Les Grands Cœurs de Roubaix, la mosquée DAWA de Roubaix, l’Union des Musulmans Algériens Avesnois de Louvroil, ainsi que les actions menées à Calais en partenariat avec le Secours catholique, ont permis de toucher un large public, des étudiants aux migrants. « Nous nous réjouissons du plein succès de cette opération humanitaire et solidaire, qui a permis à de nombreux nécessiteux, quels que soient leur religion ou leur nationalité, de bénéficier de ces repas », souligne Abdelkader Aousedj, saluant également l’engagement dé-terminant des bénévoles et des structures partenaires.
À la Mosquée En Nour, dans le quartier Plan Cabane à Montpellier, la solidarité s’est traduite par l’organisation de repas tout au long du mois de Ramadan. Avec 210 repas à emporter et 180 servis sur place par jour, chaque iftar comprenait soupe, plat, dessert, pain, eau et dattes, pour accueillir princi-palement des étudiants, des familles et des personnes isolées. « Ces repas sont avant tout un moment de partage et de dignité pour celles et ceux qui en ont besoin », souligne Mohamed Amar, délégué de l’OCCITANIE, saluant l’enga-gement d’une vingtaine de bénévoles. Des dons de harira ont également été effectués au CROUS et auprès d’une association humanitaire locale, avec le soutien des fidèles et de la Grande Mosquée de Paris, et la présence du Consul d’Algérie ainsi que d’élus de la mairie pour encourager cette initiative solidaire.
A Marseille, à la mosquée Ennasr de la Capelette, située dans le 10ᵉ arrondissement, environ 130 repas chauds sont distribués cha-que jour. Des repas complets, destinés aussi bien aux personnes démunies qu’aux étudiants. « Les bénéficiaires sont très heureux, notamment des femmes isolées accompagnées de leurs en-fants », souligne Ali Dahmani, délégué régional PACA-Corse. Une gratitude exprimée par toute une communauté reconnaissante de ces gestes concrets et salutaires.
Même mobilisation à la mosquée de Belfort avec la mobilisation du délégué Ali Sahab et son équipe, où plus de 5 300 repas ont déjà été distribués depuis le début du Ramadhan. Une centaine de bénévoles s’y relaient pour assurer la préparation, la distribution et le respect des règles d’hygiène. Mais l’action ne s’arrête pas là, la mosquée développe également un accompagnement social pour les personnes en difficulté, en apportant des aides variées : du paiement de loyers en retard à l’accès aux soins, en passant par les factures du quotidien.
Le mois de Ramadhan est aussi un temps d’apprentissage et de transmission. Des cours religieux, des explications du Coran, des activités éducatives autour de la langue arabe rythment les journées. Déjà, les préparatifs de l’Aïd s’organisent, avec une attention parti-culière portée aux enfants, à travers des décorations, des distributions de douceurs et des moments de fête partagés.
À travers ces actions multiples, visibles ou discrètes, la Grande Mosquée de Paris et son réseau rappellent une chose essentielle : le Ramadhan est un temps de spiritualité, mais aussi un temps d’attention à l’autre. Une solidarité vivante, incarnée, qui dépasse les frontières sociales et religieuses, et qui donne tout son sens à ce mois pas comme les autres.
































































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