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Notre mosquée (n°74) - La Grande Mosquée de Paris, témoin d’une politique de mémoire et de reconnaissance

  • 4 juin
  • 3 min de lecture

Par Nassera Benamra

« Paris qui a accueilli tous les cultes, qui a permis d'édifier des églises et des temples consacrés à toutes les religions a compris que l’islam ne devait pas être banni de la terre de France. Ainsi, nous aurons notre maison. »

Extrait du discourt de Si Kadour Benghabrit, octobre 1922


On croit souvent tout savoir de la Grande Mosquée de Paris, on en retient son inauguration en juillet 1926, son architecture arabo-andalouse, ou encore l’hommage rendu aux soldats musulmans morts pour la France durant la Grande Guerre.


On oublie parfois l’essentiel, ce lieu n’est pas seulement un édifice religieux, il est aussi un chapitre de l’histoire de France. La Grande Mosquée de Paris raconte les liens profonds entre la France et ses citoyens musulmans. Elle porte une mémoire faite de fidélités, de sacrifices et de reconnaissance. Elle est à la fois un lieu de prière, un repère spirituel et un témoin concret de l’histoire nationale.


« les soldats du Maroc, de l'Algérie, de la Tunisie ou des autres régions africaines, ont combattu côte à côte avec les soldats français. Ensemble ils sont tombés, ensemble ils ont été ensevelis. Amis musulmans, c'est peut-être un des vôtres qui dort là-bas, sous les voûtes de l'Arc triomphal…»

Paul Fleurot, conseiller municipal du Ve arrondissement


Notre mosquée ne naît pas en 1922 comme un simple projet architectural, elle s’inscrit dans une histoire plus profonde, celle des soldats musulmans morts pour la France durant la Première Guerre mondiale. Des milliers de musulmans venus d’Afrique du Nord, du Sénégal et d’ailleurs ont combattu sous le drapeau français. Leur engagement et leur sacrifice ont profondément marqué la mémoire nationale.


C’est dans ce contexte qu’émerge l’idée d’un lieu de reconnaissance, pensé comme un hommage à leur dévouement. La Grande Mosquée de Paris devient alors plus qu’un projet, mais une promesse tenue à ceux qui sont tombés. Comprendre cette origine, c’est comprendre la place singulière qu’elle occupe aujourd’hui. Elle ne parle pas depuis une abstraction, mais depuis une histoire vécue. C’est ce qui fonde sa légitimité à prendre la parole sur la mémoire, le dialogue et la place des musulmans dans le récit national.


Lors de la pose de la première pierre en 1922, le maréchal Lyautey donne une dimension profondément symbolique à ce projet. Ses mots restent associés à ce moment fondateur :


« Quand s’érigera le minaret que vous allez construire, il ne montera vers le beau ciel de l’Île-de-France qu’une prière de plus, dont les tours catholiques de Notre-Dame ne seront point jalouses. »

Maréchal Lyautey, 1922


A travers cette parole, c’est l’idée d’une France capable d’accueillir plusieurs mémoires spirituelles qui s’exprime.


Le 15 juillet 1926, la Grande Mosquée de Paris est inaugurée par le président de la République Gaston Doumergue. Sans figer son discours dans une citation unique dont les formulations varient selon les sources, les archives de l’époque montrent la reconnaissance de la Nation française envers les soldats musulmans morts pour elle, et la volonté d’inscrire l’islam dans le récit national.


« La république française admet et protège toutes les croyances. Quelle que soit la voie que l'être humain se fraie vers son idéal, cette voie nous est sacré, nous la respectons et nous entourons ceux qui la suivent d'une égale sollicitude. Cette égalité devant nos lois, des consciences humaines et de leurs élans sincères est la marque de notre démocratie, les penseurs musulmans ont, nous le savons, exalté le respect de la dignité individuelle et de la liberté humaine : ils ont appelé de leurs souhaits le règne d’une large Fraternité et d’une justice égale. La démocratie n'a pas d'autres fondement que ceux-là ».

Discours de G. Doumergue, 15 juillet 1926


L’inauguration dépasse ainsi le cadre religieux. Elle devient un geste d’État, où mémoire, gratitude et histoire se rejoignent.


Aujourd’hui, la Grande Mosquée de Paris est un lieu de prière, de culture et de transmission.Mais elle demeure aussi un lieu de mémoire qui relie les soldats tombés, les parcours migratoires, et l’histoire contemporaine de la France. Elle n’est pas seulement un héritage mais est une continuité d’un lien ancien entre la France et l’islam, inscrit dans l’histoire, et encore vivant aujourd’hui.

 

8 commentaires


rence law
rence law
01 juil.

Good article. I appreciate how it frames the Grand Mosque of Paris as both a historical landmark and a symbol of remembrance and community.

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rence law
rence law
01 juil.

Interesting read. The connection between the mosque, cultural memory, and historical recognition gives the article a deeper meaning beyond a simple introduction.

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rence law
rence law
01 juil.

Thoughtful article. I like how it presents the Grand Mosque of Paris not only as a place of worship, but also as part of history, memory, and public recognition.

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rence law
rence law
17 juin

Interesting article about the Grand Mosque of Paris and its role in history, memory, and cultural recognition. It's always valuable to learn more about important landmarks and their impact on society.

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top game
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14 juin

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