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Communiqué - La Grande Mosquée de Paris condamne les menaces contre la mosquée de Lodève et appelle à un sursaut face à la musulmanophobie

il y a 17 heures
3 min de lecture

La Grande Mosquée de Paris condamne avec la plus grande fermeté les actes islamophobes découverts le 27 octobre 2026 contre la mosquée de Lodève, dans l'Hérault.


Les inscriptions « Islam dehors » et « La valise ou le cercueil », accompagnées du dépôt d'un oiseau mort et d'autres dégradations, constituent des actes d'intimidation d'une extrême gravité. La seconde formule, empruntée aux heures les plus sombres de notre histoire coloniale, ne laisse aucune ambiguïté sur la violence du message adressé aux fidèles musulmans.


Ces faits ne peuvent être considérés isolément. Le mois d'octobre 2026 marque un tournant inquiétant dans l'expression et le degré de violence de la haine antimusulmane en France.


Le 23 octobre, à Trappes et à La Verrière, une attaque terroriste raciste a coûté la vie à un jeune homme de 26 ans et fait plusieurs blessés, dont une enfant. Son auteur présumé, mis en examen pour assassinat et tentatives d'assassinat terroristes, a reconnu avoir délibérément ciblé des personnes qu'il identifiait comme musulmanes ou d'origine africaine et « nord-africaine ».


Dans les jours suivants, plusieurs individus ont été poursuivis ou condamnés pour avoir glorifié cet attentat ou appelé à de nouvelles violences. Le 27 octobre, le parquet de Paris a ouvert une enquête après la diffusion, sur le réseau X, d'appels explicites au meurtre de musulmans. À ces faits s'ajoutent des menaces visant des personnalités publiques et la circulation de discours de haine et de fausses informations stigmatisant nos concitoyens musulmans.


Combien de menaces, combien de passages à l'acte, combien de victimes faudra-t-il encore pour prendre pleinement la mesure de ce qui se joue ?


La Grande Mosquée de Paris interpelle solennellement les pouvoirs publics sur la nécessité d'une réponse à la hauteur de cette situation : protection effective des lieux de culte, poursuites rigoureuses contre les auteurs de menaces et d'appels à la violence, et mobilisation durable contre le racisme antimusulman.


Elle appelle également les responsables politiques, les personnalités médiatiques et les acteurs du débat public à mesurer la portée de leurs paroles. La liberté d'expression, fondement de notre démocratie, ne saurait dispenser quiconque de sa responsabilité lorsque des généralisations, des amalgames ou des accusations répétées contribuent à désigner toute une communauté comme une menace.


Depuis toujours, la Grande Mosquée de Paris appelle les musulmans de France à la retenue, à l'apaisement et au refus de répondre aux provocations par la violence. Elle continuera de le faire, avec la même détermination. Mais appeler à l'apaisement ne signifie ni se résigner à la haine ni se taire devant le danger.


La Grande Mosquée de Paris refuse tout autant de laisser ces actes défigurer l'image de notre pays. La France ne se résume pas à ceux qui cultivent la haine en son sein. Pas davantage que les terroristes ne sauraient représenter les musulmans, les auteurs de ces violences ne représentent la société française dans sa diversité, sa générosité et son attachement aux principes républicains. Les citoyens et les élus qui se sont rassemblés à Lodève pour témoigner leur solidarité en ont donné une illustration.


Mais la fidélité à cette France fraternelle commande aujourd'hui de regarder la réalité en face. Ce mois d'octobre doit constituer un signal d'alarme collectif. Il appartient désormais à chacun, et d'abord à ceux qui exercent une responsabilité publique, de prendre la mesure de la gravité de cette situation et d'agir avant que la haine ne fasse de nouvelles victimes.


Chems-eddine Hafiz

Recteur de la Grande Mosquée de Paris




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