Le vrai du faux (n°16) - "La prévention est meilleure que la guérison"
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Par Cheikh Rachid Benchikh
Au nom d'Allah, louange à Allah et que la paix et les bénédictions soient sur Son Messager.
Nous poursuivons avec vous notre discussion sur le même sujet concernant les "Propos célèbres, ou populaires, mais non des Hadiths". Et cela, pour apporter une certaine clarification concernant certaines expressions qui se sont largement répandues dans le langage courant, au point que beaucoup les prennent, à tort, pour des hadiths authentiques. Aujourd'hui, nous nous penchons sur un adage fréquemment cité, et perçue comme un hadith, bien qu'elle ne le soit pas : « La prévention est meilleure que le traitement ».
Cette expression est correcte dans son sens et est principalement utilisée dans le domaine de la médecine préventive, c'est-à-dire l'adoption de mesures de prévention et de sécurité pour éviter les maladies et les dangers susceptibles de survenir en cas de négligence. Même en Islam, il existe de nombreuses règles juridiques établies dans ce sens. Par exemple, le Prophète SAWS ordonnait à sa communauté de prendre systématiquement des précautions, pour se prémunir contre les épidémies et les fléaux.
Dans un hadith rapporté par Oussama ibn Zayd, le Messager d'Allah (que la paix et les bénédictions d’Allah soient sur lui) a dit : « La peste est un fléau envoyé contre ceux qui vous ont précédés. Si vous apprenez qu’elle sévit dans une région, n'y allez pas. Et si elle apparaît là où vous trouvez, ne quittez pas cet endroit pour lui échapper ». (Hadith rapporté par Al-Boukhari et Mouslim).
Le Prophète (que la paix et les bénédictions d'Allah soient sur lui) a interdit aux musulmans d'entrer dans une ville où sévit la peste, afin de se protéger du risque de contamination. Il a également interdit de quitter une ville touchée par l'épidémie, afin d'éviter de propager la maladie à d'autres régions, et de protéger, ainsi, ceux qui se trouvent à l'extérieur. C'est ce que l'on appelle aujourd'hui, en termes de santé publique, « la quarantaine », qui vise à contenir la propagation des épidémies. C'est précisément un principe de médecine préventive.
Allah, exalté soit-Il, a également prescrit d'éviter les rapports intimes avec les femmes pendant leurs menstrues, afin de prévenir les risques de maladies et de se protéger de toute impureté. Cela contribue à préserver la santé et à éviter la contamination.
Comme Allah le mentionne dans le Coran : « Ils t'interrogent au sujet des menstrues Dis : c'est une impureté, éloignez-vous donc des femmes pendant leurs menstrues et ne les approchez pas tant qu'elles ne sont pas purifiées. Lorsqu'elles se sont purifiées, venez à elles de la manière qu'Allah vous a ordonnée Allah aime ceux qui se repentent et aime ceux qui se purifient. » (Sourate Al-Baqara, verset 222).
L'une des raisons pour lesquelles le tayammum (ablution sèche) est permis, c'est la crainte que l'utilisation de l'eau n'aggrave une maladie ou ne retarde la guérison. Ainsi, si un musulman en état d’impureté majeure est malade et ne peut utiliser l'eau, de peur que cela n'aggrave son état, ne retarde sa guérison, ou qu'il ne tombe malade à cause de l'eau, il lui est permis de pratiquer le tayammum. Cela constitue une mesure de prévention contre l'apparition ou, l’aggravation de la maladie.
Il existe de nombreuses preuves de ce principe dans le Coran et la Sunna. Ainsi, l'expression «La prévention est meilleure que le traitement » est une sagesse démontrée, soutenue par les propositions des savants de la charia, comme le dicton : « Prévenir est plus facile que de guérir ». De plus, la charia nous enseigne une règle juridique importante : « fermer les portes menant au mal ». Cette règle, si nous la méditons, est en parfaite harmonie avec ce que disent les savants : prévenir est plus facile que guérir Elle concerne les actes qui, bien que permis en eux-mêmes, mènent à des interdits et sont donc proscrits par la charia en raison de leurs conséquences néfastes.
En somme, l'islam interdit au musulman de s'exposer à ce qui pourrait lui porter préjudice, que ce soit dans sa foi, son corps ou ses biens. Il lui enjoint de se tenir à l'écart des sources de calamité et de veiller à ne pas devenir un facteur de propagation par négligence. Quant à l'expression « La prévention est meilleure que la guérison », bien qu'elle soit juste et correcte dans son sens, elle ne constitue pas un hadith et ne doit, de ce fait, pas être attribué au Prophète (que la paix et les bénédictions d'Allah soient sur lui).




Merci pour cette clarification importante concernant l'adage « La prévention est meilleure que le traitement » ! Il est fascinant de voir comment l'Islam a, très tôt, intégré des principes de médecine préventive, comme la quarantaine. Ces règles sont véritablement chained together pour la protection de la communauté. Cela me fait réfléchir à la manière dont cette sagesse peut encore nous guider aujourd'hui. 😊