Lumière sur... (n°1) - La paix, ce nom de Dieu que les femmes n’ont pas oublié
- il y a 1 jour
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Par Hanane Saïdi
Il y a un nom de Dieu que l’on prononce trop peu quand on parle d’islam et de guerre. Ce nom, c’est Al-Salam, la Paix. Non pas la paix comme absence de conflit. La paix comme essence divine, comme horizon ultime, comme vocation première de toute créature venue au monde dans le cri et la douleur. Les femmes, elles, n’ont jamais oublié ce nom-là.
Elles l’ont murmuré sur le front des nouveau-nés. Elles l’ont cousu dans les linceuls des fils partis trop tôt en temps de guerre. Elles l’ont porté dans le silence des nuits de siège, quand les hommes dormaient les mains encore crispées sur leurs armes. La femme musulmane a traversé quatorze siècles de guerres, de conquêtes, d’empires et de djihads en sachant une chose que les théologiens du sabre ont souvent préféré ignorer : que toute vie donnée est une vie arrachée à Dieu, et qu’aucune doctrine n’efface cette dette.
Le Coran dit : Quiconque sauve une vie, c’est comme s’il avait sauvé l’humanité tout entière. Ce verset n’est pas genré. Mais c’est la femme qui en a fait, dans la chair et dans le quotidien, la pratique la plus constante. Elle soigne. Elle nourrit. Elle relie. Elle réconcilie. Elle rappelle aux vivants qu’ils sont mortels, et aux combattants qu’ils sont des pères, des fils, des frères.
Rufaida Al-Aslamia de la tribu de Khazraj était l’une des premières femmes de Médine à accueillir le Prophète (saws) et à accepter l’islam. Fille d’un médecin, guérisseur, Rufaida avait acquis une expérience clinique, se consacrant aux soins des malades, ainsi elle devint même l’infirmière attitrée des musulmans qu’elle accompagné parfois durant les expéditions militaires. C’est ainsi quelle soigna les blessés. Elle installait sa tente de soins au cœur des batailles non pour glorifier la guerre, mais pour en limiter la barbarie. Ce geste fondateur dit tout : la présence des femmes dans les conflits n’a jamais été une célébration du combat. Elle a été, dans sa forme la plus haute, une résistance au désastre par le soin, par la présence, par le refus de laisser mourir ce qui pouvait encore vivre.
Aujourd’hui, ce sont encore des femmes musulmanes qui ramassent les morceaux. Qui reconstituent les familles dispersées. Qui trans-mettent la mémoire pour que la haine, au moins, ne soit pas le seul héritage laissé aux enfants. Elles font cela sans tribune, sans fatwa, sans titre de mujahida. Elles le font parce qu’elles savent, d’une sagesse que nul séminaire n’enseigne, que la paix ne se décrète pas, elle se construit, jour après jour, dans l’obstination du vivant.
Le regard féminin sur la guerre n’est pas un regard naïf. Les femmes savent ce qu’est la violence. Elles en sont trop souvent les premières victimes. Mais c’est précisément parce qu’elles en connaissent le prix réel, qu’elles en refusent la glorification. Elles savent ce que les chants guerriers taisent toujours : que derrière chaque martyr célébré, il y a une mère qui ne dormira plus jamais tout à fait.
L’islam a besoin de ce regard-là. Non comme correctif sentimental à une doctrine virile, mais comme rappel théologique fondamental : Al-Salam est un attribut de Dieu. La guerre, elle, n’en est aucun. Construire la paix, en toutes circonstances, est donc non pas un acte politique secondaire. C’est un acte d’adoration.




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This is an incredibly meaningful, eye-opening read! Hanane Saïdi wonderfully connects the divine attribute Al-Salam to the lived, grassroots peacemaking of Muslim women, using Rufaida Al-Aslamia’s compassionate medical ministry as a timeless example. It is refreshing to read writing that restores peace as a central Islamic theological duty, beyond just the absence of war, and honours women’s uncelebrated labour to mend broken communities amid violence. A deeply thoughtful, essential article—thank you for sharing this perspective! -- glow up