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Focus sur une actualité de l’islam et des musulmans (n°12) - “Rapatriez nos filles”



Dix ans se sont écoulés depuis cette nuit tragique à Chibok, où 276 jeunes filles ont été violemment arrachées à leur foyer par les mains cruelles de Boko Haram. Malgré la marche implacable du temps, l'ombre de leur absence continue de planer sur leurs familles et leurs communautés. Il est déchirant de penser qu'une centaine de ces filles innocentes restent en captivité, isolées du monde extérieur, enfermées dans une réalité que la plupart d'entre nous ne peuvent qu'imaginer avec horreur.


Les médias ont joué un rôle essentiel en rappelant ce douloureux anniversaire à l'attention du monde. À travers leurs reportages, ils ont tenté de donner un visage à cette tragédie, montrant des images déchirantes de jeunes filles qui ont survécu à l'impensable, ainsi que des familles éplorées, toujours dans l'attente du retour de leurs êtres chers. Ces images nous rappellent l'urgence de la situation et la nécessité de ne pas oublier ces filles, ni leur combat pour la liberté et la dignité. Le cri "Ramenez nos filles" a résonné à travers le monde, mais malgré ces appels désespérés, l'horreur des enlèvements de masse persiste dans le nord-est du Nigeria. Cette région, déjà éprouvée par des décennies de conflits et de privations, est devenue le théâtre d'une crise humanitaire dévastatrice. Avec plus de 40 000 personnes tuées et deux millions de déplacés, les conséquences de cette insécurité sont profondes et durables.


Chibok, en particulier, est devenue synonyme de tragédie et de peur. Bien que l'armée nigériane ait réussi à reprendre le contrôle de certaines zones, la menace posée par Boko Haram et l'État islamique en Afrique de l'Ouest n'a pas disparu. Ces groupes continuent de semer la terreur, ciblant des communautés vulnérables, attaquant des écoles et enlevant des enfants, perpétuant ainsi un cycle de violence et de souffrance.


Depuis 2014, une sombre réalité s'est imposée dans le nord-est du Nigeria : plus de 1 680 élèves ont été cruellement arrachées à leurs salles de classe par Boko Haram. Derrière ce chiffre alarmant se cachent des destins brisés, des familles déchirées et des vies marquées à jamais. Si certaines de ces jeunes filles ont eu la chance d'être libérées et de retrouver leurs proches, combien d'autres ont enduré des épreuves inhumaines, des tortures psychologiques, et des traumatismes difficiles à guérir ?


Les survivantes, par leur résilience et leur courage, tentent jour après jour de reconstruire leurs vies. Mais la cicatrice de leur enlèvement demeure, une plaie profonde qui ne se referme pas facilement. Leurs souvenirs sont hantés par des moments de terreur, des années perdues et des camarades laissées derrière elles.


Il est impératif de souligner, avec une clarté absolue, que les actes perpétrés par Boko Haram sont en totale contradiction avec les préceptes de l'Islam. Leur interprétation déviante et violente de la religion ne saurait refléter la véritable essence de l'Islam, une foi qui prône la paix, la tolérance et la justice.


Le Prophète Mohammed, paix et salut sur lui, nous a légué des paroles éclairantes : "Le Paradis se trouve sous les pieds des mères" et "Quiconque emprunte une voie pour acquérir une science, Allah lui facilite par cela une voie vers le Paradis." Ces enseignements sont en parfaite harmonie avec la tradition musulmane qui, depuis des siècles, a valorisé l'éducation des filles comme un pilier de la société.


Face à ces transgressions flagrantes, les plus éminentes institutions musulmanes ont levé la voix pour condamner ces actes barbares. Le Conseil islamique de jurisprudence et le Comité des droits de l'homme de l'Organisation de la coopération islamique ont qualifié ces enlèvements de "crimes interdits" et de "corruption sur terre". L'Union mondiale des érudits musulmans s'est également exprimée avec fermeté, rappelant que de telles actions indignes n'ont aucune place dans l'Islam. Ces déclarations soulignent l'unanimité des voix éclairées de l'Islam contre ces actes abominables.


À l'apogée de cette tragédie, un sursaut d'indignation et de solidarité s'est levé à travers la communauté internationale. Des institutions de renom telles que l'ONU, la Cour pénale internationale, ainsi que des nations influentes comme les États-Unis, le Royaume-Uni et la France ont exprimé leur engagement à soutenir le Nigeria dans ses efforts pour retrouver les jeunes filles enlevées. Ce n'était pas seulement une affaire nationale, mais une cause qui a mobilisé le monde entier.


Des figures emblématiques de la scène internationale, telles qu'Angelina Jolie, Michelle Obama et Malala Yousafzai, ont ajouté leur voix à cette vague de solidarité. Elles ont utilisé leur plateforme pour sensibiliser le public, exigeant avec force et détermination le retour immédiat et sans condition de ces jeunes filles à leurs familles.


Il est crucial, plus que jamais, que cet élan de solidarité reste vivant et constant. La libération de ces femmes, ainsi que la fin de ces actes barbares, doivent rester au centre de nos préoccupations. Chaque jour passé dans la captivité est une éternité pour ces filles, et chaque moment de terreur infligé par les extrémistes est une offense à notre humanité collective.


Nous avons le devoir moral et éthique de ne jamais relâcher nos efforts, de maintenir la pression sur les gouvernements et les organisations internationales, et de continuer à réclamer justice pour ces filles et leurs familles. Nous devons honorer leur quête d'éducation, leur courage et leur résilience en élevant constamment notre voix dans un monde qui, trop souvent, semble les avoir oubliées. En restant unis et déterminés, nous pouvons espérer faire la différence et contribuer à mettre fin à cette tragédie qui perdure.





 


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