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Lumière et lieux saints de l'Islam, à la découverte des mosquées du monde (n°21) - La mosquée de Tivaouane



La Grande Mosquée de Tivaouane, érigée en 1904 par le vénéré Cheikhal Seydi El Hadji Maodo Malick Sy, est bien plus qu'un simple lieu de culte. Elle est un symbole vivant de la foi et de la dévotion des fidèles de la confrérie Tijaniyya au Sénégal. Maodo, un érudit exceptionnel, reçut l'autorisation de construire cette mosquée par un arrêté du Gouverneur du Sénégal, daté du 17 février 1903. Ce lieu sacré a traversé les époques, marqué par des rénovations successives qui témoignent de l’engagement continu des descendants et des disciples de Maodo, à perpétuer son héritage spirituel.


L'Édification d'un Symbole Spirituel


Dès sa construction, la mosquée a servi de centre névralgique pour la communauté Tijaniyya, accueillant les prières quotidiennes et les grandes célébrations comme les veillées nocturnes du Gamou, commémorant la naissance du Prophète Mohammed (SAWS). Après la disparition de Maodo, en 1922, ses héritiers, dirigés par Cheikhal Seydi Khalifa Babacar Sy, ont entrepris la première grande rénovation en 1940, assurant ainsi la pérennité de ce lieu sacré.


L'Extension de 1979 : Une Nouvelle Ère


En 1979, sous le leadership éclairé d’El Hadji Abdoul Aziz Sy Dabakh, une extension majeure de la mosquée fut initiée. Cette décision visait à répondre aux besoins croissants de la communauté et à honorer l’héritage de Maodo. Le projet ambitieux et visionnaire a été soutenu par des figures éminentes de la Tijaniyya et au-delà, symbolisant l'unité et la solidarité des musulmans sénégalais.


Une Renaissance au XXIe Siècle


Le 14 septembre 2020 marque une date clé dans l'histoire de la Grande Mosquée de Tivaouane. Sous l’impulsion de l’actuel Khalife général, Serigne Babacar Sy Mansour, les travaux de rénovation ont repris avec vigueur. Ce projet, au budget estimé à quinze milliards de Francs CFA, inclut non seulement la restauration de la mosquée principale, mais aussi la construction d’une salle de prière supplémentaire, une mezzanine, une mosquée pour les femmes, et une bibliothèque.

 

Une Mobilisation Collective


La rénovation de la mosquée est une entreprise communautaire par excellence. La campagne de collecte de fonds lancée par Serigne Babacar Sy Mansour a mobilisé des fidèles de tous horizons, démontrant la profondeur de l'attachement de la communauté à ce lieu sacré. Les contributions, petites et grandes, témoignent de la solidarité et de la foi inébranlable des musulmans sénégalais.


Un Patrimoine Spirituel et Culturel


La Grande Mosquée de Tivaouane est non seulement un centre de prière mais aussi un patrimoine culturel de premier ordre. Après les travaux, l'ancien bâtiment El Hadji Malick sera transformé en musée, offrant ainsi aux générations futures une fenêtre sur l’histoire riche et le parcours spirituel de la Tijaniyya. Ce musée sera un lieu de mémoire honorant les contributions de Maodo et de ses successeurs.



Un Lieu d’Égalité et de Fraternité


Les mosquées sont des espaces d'égalité où tous les fidèles, indépendamment de leur statut social ou économique, se tiennent côte à côte devant Dieu. Le Professeur Abdoul Aziz Kebbé, un éminent islamologue, souligne que cette dimension d’équité renforce le tissu social, en créant des citoyens conscients de leurs responsabilités envers leur communauté et envers Dieu. La Grande Mosquée de Tivaouane incarne cette vision d’unité et de fraternité.


La Grande Mosquée de Tivaouane, avec son riche héritage et ses récentes rénovations, continue de briller comme un phare de foi et de dévotion. À travers les générations, elle demeure un symbole puissant de la spiritualité et de la solidarité de la communauté Tijaniyya. Les efforts constants pour préserver et embellir ce lieu sacré témoignent de l'amour et du respect que portent les fidèles à l'héritage de Cheikhal Seydi El Hadji Maodo Malick Sy, faisant de la mosquée non seulement un lieu de prière, mais aussi un monument vivant de l'histoire et de la culture islamique au Sénégal.



*Article paru dans le n°21 de notre magazine Iqra.



 

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