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Sabil al-Imam, éclats spirituels de la semaine (n°26) - La citoyenneté en islam


La notion de citoyenneté dans l'islam a vu ses contours clarifiés, dès le début et lors de la fondation de l'État à Médine. Cependant, son interprétation a parfois été altérée par des courants politiques ou des fanatismes religieux.


Ainsi, l'homme est honoré dans n'importe quel pays où il vit. Allah, le Très-Haut, dit : « Nous avons certes honoré les fils d'Adam, Nous les avons transportés sur terre et sur la mer... » (Sourate Al-Isra, 70). Cela signifie que l'homme est respecté partout où il va. Cet honneur ne se concrétise que lorsqu'il découvre une patrie lui offrant sécurité et prospérité. Allah, le Très-Haut, énonce : « Celui qui émigre dans le chemin d'Allah trouvera sur la terre de multiples refuges et une grande abondance » (Sourate An-Nisa, 100). Lorsque l'homme s’établit dans un endroit, il y développe un profond attachement, marquant ainsi le début de la notion de patrie et du sentiment de citoyenneté.


Le Prophète (SAWS), contraint de quitter La Mecque, déclara : « Par Allah, tu es la terre d'Allah que j'aime le plus, et si ton peuple ne m'avait pas expulsé, je ne t'aurais jamais quittée. » Ce hadith illustre profondément l'attachement du Prophète (paix et bénédictions d'Allah sur lui) à sa patrie, même si ses habitants ne partageaient pas sa foi. Cela témoigne de sa loyauté et son attachement à cette terre.


La citoyenneté émane du pays dans lequel l'individu s'établit, vit sur sa terre et cohabite avec ses semblables. Il cultive un sentiment d'affection pour son sol, son air et tout ce que cette terre représente.


Aborder la citoyenneté nous conduit à examiner les notions de communauté et de citoyen, puis à intégrer les concepts de nationalité, de citoyenneté et de communauté, ce qui peut paraître complexe de prime abord.


La communauté se définit par un lien, qu'il soit religieux ou biologique, auquel nous nous rattachons même en l'absence de droits ou de devoirs formels. Par exemple, une personne peut être née en France, être musulmane par conviction, ou d'origine indienne de par sa génétique. Elle ressent une appartenance profonde à son pays d’origine,bien qu'elle n'ait jamais eu l'occasion de le découvrir ou dele visiter. Même si elle décidait de s'y rendre, elle pourrait se trouver incapable d'y vivre de manière permanente. Malgré cela, elle se perçoit comme membre de cette communauté et reste sensible à ses émotions.


La citoyenneté implique de vivre dans son pays d'origine ou dans un autre pays, soumis aux lois locales et bénéficiant des mêmes droits et obligations que les autres résidents, qu'ils soient natifs ou non. Par conséquent, la citoyenneté est associée à la notion de patrie plutôt qu'à celle de communauté.


Le Prophète (paix et bénédictions d'Allah sur lui) a concrétisé ce concept dans la Constitution de Médine,également connue sous le nom de « Charte de Médine ». Ce document fondateur, rédigé par le Prophète SAWS dès son arrivée à Médine, établissait les bases de la citoyenneté autour de trois principes essentiels :

 

1. Égalité des droits et des devoirs, justice pour tous


Allah, le Très-Haut, ordonne : « Lorsque vous jugez entre les gens, jugez avec équité » (Sourate An-Nisa, 58). Ce verset, révélé dans le contexte de la citoyenneté, met en exergue le principe de la justice. Lorsque le Prophète (SAWS) fit son entrée triomphale à La Mecque, il apprit que la clé de la Kaaba était en possession d'Othman ibn Talha, qui n'était pas musulman. Ali (qu'Allah soit satisfait de lui) prit la clé au motif que Othman n'était pas de foi musulmane. Néanmoins, le Prophète (paix et bénédictions d'Allah sur lui) insista pour la restituer à Othman, et c’est là que ce verset fut révélé pour ordonner d'agir avec justice.

 

2. Participation à la vie sociale, culturelle, politique et économique


Le Prophète (SAWS) s'impliquait activement dans tous les aspects de la vie sociale de la communauté de Médine. Un exemple marquant de son ouverture et de son intégration fut lorsqu'il permit à une délégation chrétienne de prier dans sa mosquée, répondant ainsi à leur demande. Cette action démontre son engagement en faveur de la participation inclusive aux activités sociales, culturelles et religieuses.

 

3. Respect mutuel entre toutes les composantes du peuple


Ce principe est essentiel à une véritable citoyenneté. Le Prophète (paix et bénédictions d'Allah sur lui) l'a incarné lorsqu'il se leva respectueusement pour une procession funèbre non musulmane. Interrogé par ses compagnons surpris, il répondit : « N'est-ce pas une âme ? » Cette attitude illustre la reconnaissance du respect dû à chaque individu, quelle que soit sa foi. La Constitution de Médine a ainsi établi un droit à la citoyenneté pour tous les résidents, sans distinction de religion, assurant égalité de droits et de devoirs, et favorisant une contribution commune à la construction de la nation sur les plans économique, politique et social.

 

La patrie unit les individus malgré leurs divergences de convictions religieuses, leurs orientations politiques et leurs origines ethniques. Elle assure la justice, l'égalité, la défense, la sécurité et la stabilité économique, sous l'égide d'un pouvoir politique qui garantit le respect de ces principes fondamentaux.


Ainsi, la citoyenneté se transforme en un engagement et une disposition mentale par lesquels le citoyen manifeste sa loyauté envers la patrie qui lui offre davantage. Il nourrit le désir de contribuer à son progrès, vit en harmonie avec les autres habitants et s'implique activement dans la société.


Qu’Allah nous guide et nous aide à comprendre et à mettre en pratique ces nobles principes.


Amine.



*Article paru dans le n°26 de notre magazine Iqra.



 

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