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Le Hadith de la semaine (n°19) - 'Les dix premiers jours de Dhul-Hijjah'



D'après Ibn Abbas (qu'Allah soit satisfait de lui), le Messager d'Allah (Paix et Bénédictions d'Allah soient sur lui) a dit :

« Il n'existe pas de jours plus importants auprès d'Allah, ni de période durant laquelle les actes sont plus appréciés par Lui, que ces dix jours, à savoir, les dix premiers jours de Dhul-Hijjah. Durant cette période, il est recommandé d'intensifier le Tahlil (dire 'La ilaha illallah'), le Tahmid (dire 'Alhamdulillah'), le Tasbih (dire 'Subhanallah') et le Takbir (dire 'Allahu Akbar'). » 


Rapporté par Al-Bukhari et Mouslim


Le Prophète (SAWS) nous enseigne, à travers ce hadith, l'importance capitale des bonnes œuvres durant les dix premiers jours de Dhou al-Hijja. Ces jours représentent une période extrêmement bénie et méritoire du calendrier islamique. Ils sont considérés comme les meilleurs de l'année devant Allah. Durant ces jours, les actes vertueux sont tout particulièrement susceptibles d'être acceptés et récompensés.


Ces jours sont particulièrement importants, en raison de leur association avec les actes de dévotion majeurs, comme le Hajj (pèlerinage) et le sacrifice rituel de l'Aïd al-Adha. Le Prophète nous exhorte donc à multiplier durant ces jours, le Tahlil, qui consiste à dire "La Ilaha illa Allah" (Il n'y a de divinité digne d'adoration qu'Allah), le takbir, qui est de dire "Allahu Akbar" (Allah est le Plus Grand), et le Tahmid, qui est de dire "Alhamdulillah" (Louange à Allah). Ces invocations sont ce que l'on appelle les "Baqiyat salihat" (les bonnes œuvres durables), qui sont louées pour leur pérennité et leur mérite éternel auprès d’Allah.


Outre ces prières, il est également fortement conseillé d'engager diverses autres actions vertueuses durant les premiers jours de Dhou al-Hijja. Cela inclut le jeûne des neuf premiers jours, et plus particulièrement celui du jour de 'Arafat, le neuvième jour, qui permet d'absoudre les péchés de l'année passée et de l'année à venir. Les fidèles sont également encouragés à pratiquer la prière nocturne (Qiyam al-Layl), faire des dons de charité (Sadaqa), lire le Coran, aider les nécessiteux, manifester de la bienveillance envers les parents et les proches, et à réaliser toute forme de bienfaisance.


Le rappel constant d’Allah (dhikr) et l'invocation (Du ‘a) doivent imprégner notre quotidien durant ces jours. Ces actes de dévotion renforcent notre lien avec Allah et nous aident à purifier notre âme. Il est aussi recommandé de demander pardon (Istighfar) fréquemment et de se repentir sincèrement de nos péchés.


Durant ces jours sacrés, une question importante, souvent négligée, concerne les Takbirs de l'Aïd al-Adha. Ces Takbirs sont recommandés dès le début du mois de Dhul-Hijjah jusqu'à la fin du treizième jour (les derniers jours de Tashriq), comme mentionné dans le Coran, sourate Al-Hajj, verset 28 : « Pour témoigner des bienfaits qui leur ont été accordés et invoquent le nom d'Allah, pendant les jours fixés, sur la bête de cheptel qu’Il leur a attribuée » Les jours fixés font référence aux dix premiers jours de Dhul-Hijjah.


Ainsi, il y a deux types de Takbirs pendant l'Aïd al-Adha :


- Le premier type : les Takbirs absolus, qui commencent dès le premier jour de Dhul-Hijjah jusqu'à la fin du treizième jour.


- Le deuxième type : les Takbirs restreints, qui commencent dès l'aube du neuvième jour de Dhul-Hijjah (jour d'Arafat), jusqu'au coucher du soleil du dernier jour de Tashriq.


Par conséquent, les Takbirs absolus et les Takbirs restreints se rejoignent pendant cinq jours de Dhul-Hijjah - selon l'avis majoritaire des érudits - à savoir : le jour d'Arafat, le jour du Sacrifice et les trois jours de Tashriq. Quant au huitième jour, et avant cela jusqu'au premier jour du mois, les Takbirs y sont absolus et ne sont pas restreints.


Cela est en accord avec le verset du Coran, sourate Al-Baqara, verset 203 : « Et invoquez Allah pendant un nombre de jours déterminés. » Les jours déterminés font référence aux trois jours de Tashriq. Il est recommandé à ceux qui ne sont pas en pèlerinage de réciter les Takbirs de l'Aïd al-Adha, dès l'aube du jour d'Arafat jusqu'à la prière de l'Asr du treizième jour de Dhul-Hijjah, après les cinq prières quotidiennes.

 

Cependant, pour le pèlerin, il est obligatoire de réciter les Takbirs dès son entrée en état de sacralisation et cela jusqu'au rite de lapidation à Jamrat al-Aqaba. Après ce rite, il peut continuer à se consacrer aux Takbirs. Les Takbirs, qu'ils soient absolus ou restreints, peuvent être prononcés individuellement ou collectivement. Ibn Omar et Abu Huraira avaient pour habitude de réciter les Takbirs pendant les dix jours, et les gens se joignaient à eux, que ce soit dans les marchés, sur les chemins, en sortant de la mosquée, ou lors de rassemblements, en veillant à ce que leur voix soit clairement audible sans pour autant déranger.


Toutefois, dans les pays où les lois républicaines s'appuient sur des principes de laïcité, notamment le principe de neutralité des espaces publics comme en France, il est recommandé aux musulmans de ne pas réciter les Takbirs dans ces lieux. Cette précaution respecte les lois républicaines et évite les malentendus pouvant altérer la perception des Takbirs, leur signification et leur objectif, et ainsi prévenir la confusion et l'inquiétude. Cette démarche est en accord avec la sagesse et la prudence promues par la charia islamique.


Pour ceux qui envisagent de réaliser le sacrifice ou qui mandatent d'autres personnes pour effectuer ce sacrifice en leur nom, il est conseillé de ne pas couper ni raser aucun poil de leur corps, ni de tailler leurs ongles, depuis la veille du premier jour de Dhul-Hijjah jusqu'à l'achèvement du sacrifice. Cette recommandation est fondée sur un hadith rapporté par Mouslim dans son Sahih, où Oum Salama mentionne que le Prophète (SAWS) a donné cette instruction : « Quand les dix jours commencent, et que l'un d'entre vous veut faire le sacrifice (Odhiya), alors qu'il ne touche rien de son poil ou de sa peau. » Et dans une autre narration dans Mouslim également : « Quand vous voyez le croissant lunaire de Dhul-Hijjah, et que l'un d'entre vous veut sacrifier, qu'il laisse ses cheveux et ses ongles intacts. »



*Article paru dans le n°23 de notre magazine Iqra.



 

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