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Le billet du Recteur (n°112) - Une civilisation à l’épreuve de ses enfants
Le visage de Lyhanna hantera longtemps notre conscience collective. En quelques jours, sa disparition, puis l’annonce de sa mort, ont bouleversé la France. Derrière les dépêches, les débats télévisés et les échanges indignés sur les réseaux sociaux, il y a d’abord une enfant. Une vie interrompue. Des parents, des proches, des camarades, plongés dans une douleur que nul mot public ne pourra apaiser. Mais les drames qui frappent l’enfance ne bouleversent jamais seulement des f
il y a 4 jours
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Récits célestes (n°90) - Moïse et Pharaon : le récit de la révélation face à l’asservissement
Par Cheikh Abdelkader Belabdli La tyrannie de Pharaon ne reposait pas seulement sur l’épée. Elle commença le jour où certains êtres humains furent regardés comme inférieurs aux autres : nés pour servir, vivant sous l’emprise de la peur, et dont la valeur se mesurait à leur utilité pour le pouvoir, non à l’humanité qu’ils portaient en eux. C’est là que commence l’un des plus grands récits où la révélation affronte l’asservissement de l’homme par l’homme. Dans le Coran, Pharaon
il y a 3 jours8 min de lecture


Récits célestes (n°89) - Le Hajj : une mémoire qui chemine
Par Cheikh Abdelkader Belabdli Depuis lors, les chemins n’ont cessé de mener vers la même Maison. Les visages changent, les langues diffèrent, les itinéraires se transforment ; mais une seule chose demeure inchangée : cet appel ancien qui pousse les cœurs vers la même Maison, les mêmes rites, les mêmes paroles. Comme si le pèlerinage n’était pas seulement un voyage accompli par les hommes, mais une mémoire vivante qui continue de parcourir la terre. Là-bas, dans cette vallée
27 mai8 min de lecture


Récits célestes (n°88) - « Je me suis hâté vers Toi, Seigneur, pour que Tu sois satisfait »
Par Cheikh Abdelkader Belabdli Moïse, que la paix soit sur lui, n’était point en retard au rendez-vous… il s’était simplement pressé d’y parvenir. Il laissa son peuple derrière lui et s’en alla vers la montagne, devançant ses propres pas, emporté par le désir ardent de la rencontre, jusqu’à ce qu’Allah, Exalté soit-Il, lui demandât : « Qu’est-ce qui t’a fait te hâter loin de ton peuple, Ô Moïse ? » Et la réponse vint, sincère, portant la chaleur de l’amour bien plus que la
26 mai8 min de lecture


Récits célestes (n°87) - Lorsque le passé n’empêche pas la rencontre
Par Cheikh Abdelkader Belabdli Les frères de Joseph revinrent enfin vers lui. Ces mêmes visages, disparus depuis des années, se tenaient désormais devant lui dans le palais du dignitaire, épuisés par le voyage, la peur et la faim. Ils ignoraient que l’homme auquel ils s’adressaient était ce même enfant qu’ils avaient jadis jeté au fond du puits. Ils le regardaient en implorant son aide, tandis que la mémoire ouvrait d’un seul coup toutes ses portes : le puits, la tunique, les
21 mai8 min de lecture


Récits célestes (n°86) - « Cela vient de Souleyman » : lorsque la parole devient une guidance envoyée
Par Cheikh Abdelkader Belabdli Le message parvint. Un court écrit : nulle armée ne l’accompagnait, nulle voix ne l’avait précédé. Un oiseau l’avait porté, franchissant une distance imperceptible aux regards, jusqu’à le déposer dans un palais majestueux. La reine de Saba ouvrit la lettre, en contempla les mots, puis déclara, comme le rapporte le Coran : « Une noble lettre m’a été remise. » Ainsi commence la scène. Nous ne sommes pas devant un simple discours politique passager
13 mai7 min de lecture


Récits célestes (n°85) - Lorsque le printemps parle : la terre revit… et le sens renaît
Par Cheikh Abdelkader Belabdli A certains moments de l’année, la terre semble immobile, comme privée de tout mouvement. Elle s’étend, sèche et nue, dépouillée de cette verdure qui jadis la recouvrait, et avec elle disparaissent les signes visibles de la vie. Les arbres sont dénudés, le sol est aride, et le vent passe sur eux sans rien changer à leur état. Le paysage donne alors l’impression que la terre a perdu toute trace de vie. Mais cette immobilité ne ressemble pas à la m
5 mai8 min de lecture


Récits célestes (n°84) - Le Pacte des Vertueux : quand le musulman ne reste pas spectateur
Par Cheikh Abdelkader Belabdli A La Mecque, avant même que ne se lève la lumière de la prophétie, les marchés étaient pleins d’animation. Les voix des vendeurs et des marchandages s’y mêlaient, dans un monde où les intérêts s’entrecroisaient avec le prestige social, et où la position du plus fort se consolidait par sa lignée et ses appuis. Au milieu de cette foule, un homme, étranger, se tenait debout, élevant la voix avec le peu d’espoir qui lui restait. Il avait vendu sa ma
25 avr.8 min de lecture


Récits célestes (n°83) - Le dialogue de la foi dans l’enceinte de Médine : lorsque le Prophète ﷺ accueillit la délégation de Najran
Par Cheikh Abdelkader Belabdli Au cours de la neuvième année de l’Hégire, Médine rayonnait de la lumière du message prophétique. Les fondements de l’État islamique y étaient désormais solidement établis, et sa lumière s’étendait jusqu’aux horizons de la péninsule Arabique. C’est dans cette atmosphère lumineuse qu’arriva à Médine une imposante délégation venue du sud de la péninsule : elle comptait environ soixante hommes parmi les chrétiens de Najran, dont des savants, des pr
19 avr.7 min de lecture


Récits célestes (n°82) - Quand l’amour est discipliné : de la passion de l’âme à l’amour de Dieu
Par Cheikh Abdelkader Belabdli L’amour n’est pas une voie unique, pas plus qu’il n’est un sentiment innocent qu’on laisserait à lui-même, sans examen ni questionnement. C’est une force discrète qui naît dans le cœur, puis s’insinue dans les décisions et réorganise les priorités, jusqu’à ce que l’être humain, sans même s’en apercevoir, se retrouve attaché à ce qu’il aime et conduit par lui. C’est pourquoi le Coran n’est pas venu pour éteindre cette force, mais pour la purifier
13 avr.8 min de lecture


Récits célestes (n°80) - L’Aïd entre victoire et épreuve : comment la foi fait-elle naître la joie en toute circonstance ?
Par Cheikh Abdelkader Belabdli En ce temps-là, rien, à Baghdad, ne laissait présager l’Aïd. La ville, jadis cœur du monde et demeure du savoir, n’était plus qu’un champ de ruines et de flammes ; et le Tigre, comme le rapportent les historiens, s’assombrissait de l’encre des livres et du sang des hommes. L’État s’était effondré, la sécurité avait disparu, et les gens erraient entre perte, peur et stupeur, au point qu’il semblait que l’histoire elle-même y eût refermé sa page.
25 mars9 min de lecture


Récits célestes (n°79) - L’Aïd dans le Coran : lorsque le cœur revient à la disposition originelle
Par Cheikh Abdelkader Belabdli Le Ramadhan s’écoule rapidement, comme une fulgurance de lumière ayant traversé le cœur avant de s’éteindre en apparence, tout en laissant son empreinte dans les profondeurs. Des jours de jeûne, des nuits de prière, des invocations élevées à l’aube, des larmes discrètes que Dieu seul connaît. Au terme de ce cheminement spirituel, le musulman se tient sur le seuil de l’Aïd, non comme devant une rupture avec ce qui a précédé, mais comme devant un
20 mars7 min de lecture


Récits célestes (n°78) - Les fidèles en retraite spirituelle dans le Coran
Au cours des nuits des dix derniers jours de Ramadhan, le rythme de la vie se transforme dans les mosquées. Le vacarme du monde s’apaise, le murmure du Coran s’élève, les prosternations se prolongent, comme si le temps lui-même s’inclinait vers le recueillement. Là, dans les recoins des mosquées, des croyants demeurent assis, ayant laissé derrière eux l’agitation des jours, venus vivre une retraite spirituelle… non pour fuir le monde, mais pour retourner vers Allah. En vérité
15 mars8 min de lecture


Récits célestes (n°77) - La conquête de La Mecque… une victoire sans vengeance, une miséricorde au moment même où le pouvoir le permet
En l’an huit de l’Hégire, au mois de Ramadhan, le Messager d’Allah, que la bénédiction et la paix soient sur lui, se mit en marche vers La Mecque à la tête d’une armée de dix mille combattants. Il ne s’agissait pas de se venger, mais de mettre un terme à une période de trahisons et de ruptures d’engagements, après que les Quraychites eurent violé la trêve d’El-Houdaybiya. Le Coran a consigné cet événement grandiose en ces termes : « En vérité, Nous t’avons accordé une victoir
9 mars6 min de lecture


Récits célestes (n°76) - Ramadhan dans le Coran : le récit d’une descente de la guidance, plutôt qu’un simple repère du calendrier
Dans le discours coranique, Ramadhan n’est pas seulement un mois de dévotion qui revient au fil des années, ni une saison rituelle réduite au jeûne et à l’abstinence. Il est, au cœur de la représentation coranique, un moment majeur de guidance dans l’histoire de l’humanité : celui de la révélation du Coran. C’est pourquoi la définition coranique du mois de Ramadhan met en lumière sa réalité profonde, plutôt que ses manifestations visibles. Allah, exalté soit-Il, dit : « Le mo
3 mars8 min de lecture


Récits célestes (n°75) - Le jeûne obligatoire... Une histoire d'éducation, pas simplement un décret
L'annonce du jeûne à Médine n'était pas simplement l'ajout d'une nouvelle règle au registre des obligations, mais l'ouverture d'un nouveau chapitre dans l'histoire d'une communauté qui apprend à réorganiser sa relation avec elle-même et avec le monde. La vie continuait selon son rythme habituel : un marché qui ouvre le matin, des corps habitués à alterner entre la faim et la satiété sans se poser de questions. Puis, l'appel coranique descendit, calme et décisif : « Ô vous qui
22 févr.7 min de lecture


Récits célestes (n°74) - Allahou Akbar : entre les données linguistiques et la signification théologique et philosophique
Dans la conscience contemporaine, l’expression « Allahou Akbar » « Allah est le plus grand » n’est plus seulement une formule linguistique employée dans un cadre cultuel : elle s’est transformée, qu’on le veuille ou non, en un marqueur culturel chargé de connotations, particulièrement dans les sociétés occidentales. Le non-musulman l’entend souvent hors de son contexte doctrinal et sémantique ; elle se trouve alors réduite à un stéréotype, associée à la violence et à la peur,
9 févr.10 min de lecture


Récits célestes (n°72) - Chaabane : lorsque le cap fut redressé et l’identité retrouvée
Par Cheikh Abdelkader Belabdli Ce jour-là, la ville ne connut ni événement visible ni scène de célébration que l’on raconterait dans les assemblées. La prière se déroulait, les rangs étaient ordonnés, les cœurs plongés dans le recueillement. Puis survint le basculement. Aucun tumulte ne l’annonça, aucun commentaire ne le suivit ; pourtant, une direction changea, et avec elle quelque chose de plus profond que l’orientation elle-même. En un instant, les corps se tournèrent dans
2 févr.10 min de lecture


Récits célestes (n°72) - Lorsque l’accueil des plus vulnérables devient la mesure de la civilisation
Par Cheikh Abdelkader Belabdli Les civilisations ne se sont jamais mesurées, dans l’histoire humaine, à la hauteur de leurs murailles ni à l’abondance de l’or accumulé dans leurs coffres, tout cela est éphémère, quelle qu’en soit la durée. Elles se mesurent plutôt à ce qu’elles ont su faire face à la fragilité humaine : à la manière dont elles ont accueilli le faible, protégé l’orphelin, et transformé la perte, du statut de malheur, à une responsabilité assumée, d’un fardeau
26 janv.11 min de lecture


Récits célestes (n°71) - À chaque communauté, Nous avons assigné un rite auquel elle se conforme
Par Cheikh Abdelkader Belabdli Les êtres humains n’ont pas été créés selon une forme unique, et leurs vies n’ont pas été moulées dans un même modèle. Leurs couleurs ont divergé comme ont divergé leurs langues ; leurs coutumes se sont diversifiées comme se sont diversifiées leurs fêtes ; et leurs manières d’exprimer la joie et la peine, le rassemblement et la séparation, ont suivi des chemins multiples. Cette diversité n’est ni un accident de l’histoire ni une imperfection de
17 janv.11 min de lecture


Récits célestes (n°70) - Les « Muallaqat » : un héritage civilisationnel de la langue arabe
Par Nassera Benamra Les sept poèmes suspendus comptent parmi les plus importantes œuvres littéraires de l'histoire de la littérature arabe. Il s'agit d'un ensemble de poèmes préislamiques qui se distinguent par leur qualité et la beauté de leur expression linguistique. Ils sont connus sous le nom de « Muallaqat », en raison de leur grande valeur aux yeux des Arabes d'autrefois. On dit qu'ils étaient accrochés aux murs de la Kaaba en signe d'honneur et de reconnaissance pour l
7 janv.12 min de lecture


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