Notre mosquée (n°35) - Le Recteur de la Grande Mosquée de Paris aux obsèques du Pape François [rétrospective 2025]
- Guillaume Sauloup
- 8 août 2025
- 5 min de lecture

Paru le 30 avril 2025
C’est à l’invitation de Monsieur Emmanuel Macron, Président de la République, que Monsieur Chems-Eddine Hafiz, recteur de la Grande Mosquée de Paris, a pris part aux obsèques du Pape François. Un geste, de toute évidence, empreint de respect et de fraternité. Ce samedi matin, aux côtés des chefs d’Etats et des dignitaires religieux venus du monde entier, il a rendu hommage à un homme dont l’engagement pour le dialogue interreligieux a profondément marqué son époque.
Dès l’annonce du décès du pape François survenue le lundi de Pâques, le 2 avril 2025, a plongé le monde dans une grande émotion. Chems-eddine Hafiz, avait exprimé sa profonde émotion, a immédiatement exprimé sa reconnaissance et son respect pour le Saint-Père, un homme qui, selon lui, « tendait la main à l’islam » et incitait à dépasser les clivages dans un monde de plus en plus polarisé.
Dans son hommage, Le recteur a tenu à rappeler sa dernière rencontre, en février dernier, au Vatican, où M. Hafiz était accompagné d’une délégation d’AMMALE, avait proposé une initiative pour organiser une rencontre à Paris entre Catholiques et Musulmans, au nom de tous les musulmans d’Europe. Sa sainteté le pape François, toujours soucieux d’œuvrer pour la paix et le dialogue, avait accueilli cette proposition avec enthousiasme, manifestant une volonté claire de renforcer les liens entre les deux communautés.
Lors de cette rencontre, le recteur lui avait offert une version traduite du Coran, geste symbolique qui marque les esprits. « Le pape a pris le Coran et l’a embrassé avec dévotion. J’en ai pleuré, car je voyais dans ce geste l’essence même de ce qu’est l’humanité, la capacité à s’ouvrir à l’autre », se souvient le recteur. Ce moment a été pour le recteur un signe indélébile de respect et d’amour, bien au-delà des « frontières des religions ».
La participation de notre mosquée, représentée par son recteur, aux obsèques du pape, n’a pas été limité à Rome au Vatican. Dès l’annonce du décès du Saint-Père, Chems-eddine Hafiz avait réagi avec une grande émotion et a pris part à la messe solennelle célébrée à la cathédrale Notre-Dame de Paris, vendredi 25 avril 2025. Cette cérémonie, présidée par Monseigneur Laurent Ulrich, archevêque de Paris, était l’occasion de prier pour le repos de l’âme du pape François, un homme qui a su allier foi et dialogue, en s’ouvrant aux autres religions et en prêchant l’unité.

Dans son hommage, le recteur, a rappelé l’importance du message du pape François, qui n’a cessé de prôner la fraternité et l’ouverture envers les autres : « Sa mort est une immense perte pour tout le monde, et aussi pour nous, les musulmans. » a-t-il déclaré. Pour lui, le pape François a été une voix importante dans un monde où les positions clivantes sur l’islam risquent de semer la division. « Il rappelait toujours la nécessité d’arrêter de nous opposer systématiquement, mais au contraire, de tendre la main les uns aux autres », a insisté le recteur.
Par sa présence aux obsèques du pape François, le recteur Chems-eddine Hafiz a inscrit un moment fort dans l’histoire de la Grande Mosquée de Paris, en rendant hommage au respect et à l’admiration qu’il portait à ce pontife d’exception. L’émotion suscitée par le décès du pape, tant chez les musulmans du monde entier que, tout particulièrement, au sein de la communauté musulmane française, témoigne de l’ampleur de l’héritage laissé par le défunt pape François : un héritage de paix, de compréhension mutuelle et de dialogue interreligieux.
Ce moment historique a été rendu possible grâce à l'invitation personnelle du président Emmanuel Macron qui, en associant la Grande Mosquée de Paris aux cérémonies officielles, a adressé un signal fort de reconnaissance et de fraternité. Ce geste du président de la République a renforcé le message de solidarité et d’unité dans un monde parfois marqué par les divisions. En permettant à cette institution religieuse de participer à un événement d’une telle solennité, le président a transmis à la France un message puissant de tolérance et de respect envers toutes les croyances.

*Article paru dans le n°63 de notre magazine Iqra.
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