Le Hadith de la semaine (n°98) - La Zakât el-Fitr, sceau du Ramadhan
- il y a 4 jours
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Par Cheikh Younes Larbi
D’après ‘Abd Allah ibn ‘Abbas, qu’Allah soit satisfait de lui et de son père :
« Le Messager d’Allah ﷺ a prescrit la zakât El-fitr (l’aumône de la fin de Ramadhan) comme une purification pour le jeûneur en propos vains et en paroles indécentes, ainsi que comme une nourriture destinée aux pauvres. Pour celui qui s’en acquitte avant la prière, elle sera reçue comme une zakât valable ; et celui qui s’en acquitte après la prière, elle ne sera alors qu’une simple aumône parmi les aumônes. »
Hadith authentique, rapporté par Abou Dawoud et Ibn Mâjah
Ce noble hadith résume la signification et la sagesse de la Zakât El-fitr. Le Prophète ﷺ nous enseigne d’abord qu’elle est une obligation religieuse, instituée à la fin du mois de Ramadhan. Elle n’est donc pas une simple aumône volontaire, mais un devoir prescrit pour tout musulman capable : homme ou femme, petit ou grand.
On l’appelle Zakât El-fitr car elle est liée à la rupture du jeûne de Ramadhan et à la conclusion du mois. Les savants l’ont aussi appelée la zakât des corps, car elle n’est pas attachée à la richesse mais à la personne elle-même. Elle constitue une reconnaissance envers Allah pour le bienfait de la vie et de la santé qui ont permis d’accomplir le jeûne.
Le Prophète ﷺ en dévoile ensuite la sagesse spirituelle : « purification pour le jeûneur des paroles vaines et indécentes ». Car malgré ses efforts, le jeûneur peut commettre certaines paroles inutiles ou fautives. La Zakât El-Fitr vient alors réparer les imperfections du jeûne, comme la prosternation de l’oubli compense les manquements dans la prière.
Le hadith souligne aussi son objectif social : « nourriture pour les nécessiteux ». La fête en Islam est une joie collective ; il ne convient pas qu’un pauvre y demeure dans le besoin. Par cette zakât, les musulmans veillent à ce que chacun puisse partager la joie de l’Aïd.
Le Prophète ﷺ en a fixé la quantité à un Sâʿ de nourriture, soit environ deux à trois kilogrammes de l’aliment de base. Les Compagnons la donnaient sous forme de dattes, d’orge ou d’autres denrées.
Cependant, de nombreux savants ont permis d’en donner la valeur en argent, lorsque cela est plus utile au pauvre. Dans les pays européens comme la France, cette forme répond souvent mieux aux besoins actuels. Pour cette année, la valeur indicative est estimée à sept euros par personne.
La Zakât El-Fitr est due par celui qui possède un surplus au-delà de sa nourriture et de celle de sa famille pour le jour et la nuit de l’Aïd. Le chef de famille la donne pour lui-même, pour son épouse et ses enfants mineurs. Les enfants majeurs peuvent s’en acquitter eux-mêmes.
Son temps d’acquittement est avant la prière de l’Aïd, afin que les nécessiteux puissent en bénéficier ce jour-là. Les savants ont toutefois permis de la verser un ou deux jours auparavant, comme le faisait Abd Allah ibn Omar. La retarder après la prière sans excuse, fait perdre son mérite spécifique.
Ainsi, la Zakât El-Fitr unit la purification spirituelle et la solidarité sociale : elle purifie le jeûne, exprime la gratitude envers Allah pour l’achèvement de Ramadhan et répand la miséricorde parmi les croyants. Heureux celui qui conclut ce mois béni par une générosité qui apporte la joie aux nécessiteux et espère, à travers cette action, l’agrément de son Seigneur.
*Article paru dans le n°101 de notre magazine Iqra.
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