Focus sur une actualité (n°60) - Gaza, ou comment détruire l’avenir d’un peuple : l’éducation comme champ de ruines
- 14 juin 2025
- 6 min de lecture

Cet article repose sur les témoignages et données publiés dans Le Monde (27 mai 2025), Al Jazeera (13 mai 2025), Sky News Arabia, Courrier international (27 mai 2025), ainsi que sur le rapport du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (mai 2025).
Alors que dans les lycées et collèges de France, d’Algérie, du Sénégal ou du Brésil, des millions de jeunes peaufinent leurs révisions en vue du baccalauréat ou d’autres examens décisifs, une autre jeunesse, une jeunesse invisible, affamée, mutilée et bombardée, lutte pour simplement survivre. À Ghaza, on ne révise pas : on creuse dans les ruines à la recherche d’un frère, d’un livre, d’un peu d’espoir. Là-bas, les cartables sont devenus des linceuls, et les écoles, des cibles. Voilà le vrai visage de la guerre quand elle s’acharne sur les enfants.
À Ghaza, l’avenir est un mirage. Un mot interdit. On ne parle plus d’études mais de survie. Ce qui fut naguère l’un des territoires les plus éduqués du monde arabe, avec un taux d’accès à l’enseignement supérieur à 90 %, n’est plus aujourd’hui qu’un champ de cendres pédagogiques, un charnier d’aspirations. Plus de 95 % des établissements scolaires sont endommagés. Douze universités rayées de la carte. Des centaines d’enseignants et d’élèves tués. Des amphithéâtres devenus abris de fortune. L’Université islamique de Ghaza, l’Université Al-Azhar, Al-Aqsa… des noms qui jadis incarnaient la résistance par le savoir et qui aujourd’hui jonchent les bilans des destructions massives.
Et pourtant, contre l’oubli et la fatalité, des jeunes persistent. Comme Narmine, 23 ans, qui décroche son diplôme d’agronomie malgré les bombes, les deuils et les pénuries. Mais à quel prix ? Elle est l’exception d’un désastre collectif.
Pendant ce temps, Marah, 18 ans, brillante lycéenne autrefois promise à une carrière de médecin, se bat contre la faim, l’épuisement, le vacarme des drones. « Je sens mon corps se dévorer lui-même », dit-elle. Son frère de 3 ans pleure de faim. Sa mère dépérit. Elle, elle tente de réviser, mais ses livres lui tombent des mains, les vertiges lui volent sa concentration, et la peur empoisonne jusqu’à ses rêves. « J’avais 98 %. Aujourd’hui, je veux juste survivre. »
Et elle n’est pas seule. Fathi, 17 ans, n’a plus que trois heures de cours par jour, et un seul morceau de pain pour deux repas. Walid, 9 ans, affamé et hospitalisé, ne reçoit qu’une maigre ration nutritionnelle, pendant que 800 de ses camarades ont disparu de l’école de fortune où il étudie encore, à jeun, sous une tente. Les enseignants eux-mêmes n’ont rien mangé. Que transmettre, quand il ne reste rien ?
Et puis, il y a cette nuit du 26 mai. Une nuit d’horreur à l’école Fahmi Al-Jarjawi. Trois missiles, trente morts. Dix-huit enfants brûlés vifs. Des familles entières asphyxiées ou calcinées dans leur sommeil. « On n’arrivait pas à casser les murs pour les sauver », raconte Alaa, rescapée. L’école avait été transformée en abri, dernier recours pour ceux qui avaient tout perdu. Et ce dernier refuge a été frappé à mort.
À cela s’ajoute l'indignité des scènes survenues à Jérusalem-Est : des enfants expulsés brutalement par des soldats israéliens de leurs salles de classe dans des écoles de l’UNRWA. Certains n’avaient que six ans. Quel crime ont-ils commis ? Apprendre ? Exister ? Parler l’arabe ? Vivre sur une terre que d’autres convoitent ?
Les experts de l’ONU sont sans ambiguïté : ces attaques contre les écoles sont des crimes de guerre. Elles sont une attaque contre l’humanité elle-même. L'éducation ne doit jamais être une cible, affirment-ils. Mais à Ghaza, elle l’est. Systématiquement.
Car à Ghaza, détruire une école, c’est faire taire un peuple. C’est prolonger l’occupation jusque dans l’esprit des enfants. C’est annuler la transmission, l’émancipation, la pensée. C’est assassiner l’avenir. Et cela, nul ne pourra prétendre l’ignorer. L’ONU a documenté, dénoncé, crié. Et pourtant, la communauté internationale regarde ailleurs. Les gouvernements qui prétendent défendre le droit, le savoir, l’enfance, sont étrangement muets quand les bombes tombent sur les pupitres.
En cette fin d’année scolaire, alors que les lycéens du monde entier planchent sur des dissertations de philosophie ou des épreuves de sciences, il faudrait, peut-être, leur poser une question que la réalité impose : peut-on parler d’universalisme quand l’avenir des enfants dépend de leur lieu de naissance ?
Et si l’histoire retient un jour ce massacre, qu’on n’écrive pas seulement les chiffres. Qu’on y inscrive les noms, les visages, les rêves : Marah, Narmine, Fathi, Walid… Et qu’on se rappelle qu’un peuple privé d’école est un peuple qu’on tente d’effacer. Mais qui, malgré tout, résiste.
*Article paru dans le n°69 de notre magazine Iqra.
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