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Le Coran m’a appris (n°35) - Que la richesse peut appauvrir


Par Cheikh Khaled Larbi

Quand le monde brille et promet tout,

Quand le cœur se rassure à l’ombre des biens,

Je me souviens que la vie est fragile, et qu’aucune fortune

Ne peut me protéger de ce que le destin destine.


Le Coran m’a appris à regarder la richesse autrement. Elle n’est pas diabolique, mais elle peut devenir une prison invisible. « Vos biens et vos enfants ne sont qu’une tentation… » (Coran, 64 :15). Je peux posséder beaucoup, et pourtant n’avoir presque rien. Car le vrai trésor, celui qui ne disparaît pas, ne se chiffre ni ne se stocke.


Chaʿban : le rappel discret


Le mois de Chaʿban arrive sans éclat. Il ne marque pas par l’obligation ou le faste, mais par la réflexion intérieure. Alors je me demande : qu’ai-je attaché à mon cœur qui devrait rester libre ? Qu’ai-je laissé dominer mes pensées, mes relations, mes choix ?


Le jeûne et les actes pieux de Chaʿban ne sont pas seulement un entraînement pour Ramadhan, ils sont une préparation du cœur, un allègement discret avant la grande marche.


La vraie fortune


Le Coran m’invite à contempler l’éphémère :


« La vie d’ici-bas n’est que jouissance trompeuse… »

Coran, 3 :185


Je comprends alors que tout ce que je crois solide peut s’effondrer en un instant. La vraie richesse n’est pas dans ce que je possède, mais dans ce que je peux laisser partir sans regret, dans ce que je peux donner sans attendre, dans ce qui reste au-delà des mains et des coffres.


L’illusion de sécurité


Combien de fois ai-je cru qu’une somme, un bien, une position, assureraient ma tranquillité ? Et combien de fois cette illusion m’a-t-elle déçu ? Le Coran m’apprend que la sécurité réelle n’est pas dans ce que je retiens, mais dans ce que je confie à Dieu, dans ce que je sais libérer du cœur. Ibn el-Qayyim disait : « Celui qui s’attache aux biens sera esclave, celui qui se détache sera libre. » Je réalise que chaque acte de générosité, chaque détachement volontaire, m’ouvre un espace intérieur que l’argent ne peut combler.


Les biens, les liens, la tentation


Je vois autour de moi, dans le monde moderne, des vies construites pour accumuler. On nous vend la sécurité comme produit, on nous persuade que la réussite se mesure à la taille du compte bancaire, à l’apparence, à la consommation.


Le Coran m’a appris à dire non, à mettre des frontières invisibles, à rester maître de mon cœur, même dans un monde où l’or et l’argent règnent.


« …et que ce que Dieu vous a donné soit un moyen de bien, et non un fardeau pour votre cœur. »

adapté du Coran, 2 :267


Le Coran m’a appris que l’on peut posséder beaucoup et n’avoir presque rien. Que la vraie richesse n’est pas ce qui brille sous mes yeux, mais ce qui libère mon cœur.


Que Chaʿban ne pèse pas sur le corps, mais sur ce qui s’attache en silence.


Que tout ce qui se chiffre peut disparaître,

mais que ce que l’on lâche, offert sincèrement, reste lumière dans l’âme, trésor que l’argent

ne saura jamais acheter.



*Article à paraître dans le n°96 de notre magazine Iqra.




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