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Le Coran m’a appris (n°37) - Que le Ramadhan n’est pas un effort, mais un rendez-vous

  • 4h
  • 6 min de lecture

Par Cheikh Khaled Larbi

Ce n’est pas le corps qui s’avance le premier,

c’est le cœur quand il reconnaît Celui qui l’appelle.

 

 Le Coran m’a appris que le Ramadhan n’est pas une contrainte ajoutée à des vies déjà chargées, mais un rendez-vous fixé par Allah avec Ses serviteurs. Un rendez-vous discret, répété chaque année, où le Très-Haut nous attend plus que nous ne L’attendons.


يَا أَيُّهَا الَّذِينَ آمَنُوا كُتِبَ عَلَيْكُمُ الصِّيَام

« Ô vous qui avez cru, le jeûne vous a été prescrit… »

El-Baqara, 183


Le verset ne commence pas par l’ordre, mais par l’appel.


Avant l’effort, il y a la reconnaissance. Avant la discipline, il y a la proximité.


Le Coran m’a appris que Dieu ne parle pas à des corps performants, mais à des cœurs croyants.

 

Un rendez-vous inscrit dans la miséricorde

 

Le Coran m’a appris que le jeûne n’a jamais été voulu comme une épreuve écrasante, mais comme un chemin vers la conscience.


لَعَلَّكُمْ تَتَّقُونَ

« Afin que vous atteigniez la piété


Non pas afin que vous souffriez. Non pas afin que vous vous compariez.


Mais afin que vous deveniez plus présents, plus lucides, plus vrais.


La piété n’est pas une tension permanente, c’est une vigilance aimante. Et le Ramadhan est ce temps où le Coran descend non seulement dans la récitation, mais dans la manière d’habiter le monde.

 

Dieu prépare avant de demander

 

Le Coran m’a appris que Dieu ne demande jamais sans préparer. Avant le jeûne, Il rappelle Sa miséricorde. Avant la privation, Il promet la facilité.


يُرِيدُ اللَّهُ بِكُمُ الْيُسْرَ وَلَا يُرِيدُ بِكُمُ الْعُسَْ

« Allah veut pour vous la facilité, Il ne veut pas pour vous la difficulté. »

El-Baqara, 185


Ce verset m’a appris que si le Ramadhan me semble lourd, ce n’est pas la Loi qui est dure, mais mon cœur qui a besoin d’être préparé.


Ibn al-Qayyim disait que la révélation est venue pour guérir les cœurs avant de réglementer les actes. Le Ramadhan est ce soin annuel, patient et profond, qui revient jusqu’à ce que l’âme consente enfin à s’ouvrir.

 

Le jeûne comme retour à soi

 

Le Coran m’a appris que le jeûne n’est pas un vide, mais un retour.


Retour à la parole mesurée.


Retour au regard maîtrisé.


Retour au silence habité.


مَا يَلْفِظُ مِن قَوْلٍ إِلَّا لَدَيْهِ رَقِيبٌ عَتِيدٌ


Dans le jeûne, chaque mot pèse davantage, chaque geste devient conscient.


Le Ramadhan révèle ce que nous sommes lorsque les automatismes tombent : nos attachements, nos impatiences, mais aussi nos capacités oubliées.


Le poète disait :


J’ai cru perdre en m’abstenant,


J’ai découvert que je me retrouvais.

 

Un rendez-vous qui transforme

 

Le Coran m’a appris que le Ramadhan ne se mesure ni en kilos perdus, ni en pages récitées, mais en cœurs déplacés.


Un cœur un peu plus humble.


Un cœur un peu plus indulgent.


Un cœur qui apprend à attendre Allah sans condition.


وَإِذَا سَأَلَكَ عِبَادِي عَنِّي فَإِنِّي قَرِيبٌ

« Et lorsque Mes serviteurs t’interrogent à Mon sujet, Je suis proche. »


Ce verset est au centre des versets du jeûne, comme pour dire : le cœur du Ramadhan n’est pas l’effort… c’est la proximité.

 

Accueillir le rendez-vous

 

Le Coran m’a appris que rater le Ramadhan, ce n’est pas manger ou boire, mais traverser le mois sans jamais rencontrer Celui qui nous y a invités.


Et réussir le Ramadhan, ce n’est pas être parfait, mais être sincère dans la rencontre.


Ce mois n’est pas une ascension solitaire, mais une main tendue par le Très-Miséricordieux.


Celui qui s’avance, même lentement, est déjà arrivé, car le rendez-vous n’était pas une épreuve… mais une promesse



*Article paru dans le n°98 de notre magazine Iqra.




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