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Le Coran m’a appris (n°39) - Que la nuit n’est jamais sans aurore

  • il y a 6 minutes
  • 7 min de lecture

Par Cheikh Khaled Larbi

Le Coran m’a appris que la nuit n’est jamais sans aurore,

que le cœur qui cherche sincèrement trouve un trésor.

Le Coran m’a appris que derrière chaque épreuve se cache une sagesse,

et que dans chaque patience mûrit une promesse.


Le Coran ne m’a pas seulement parlé. Il m’a éduqué. Il ne s’est pas contenté d’informer mon esprit, il a travaillé mon cœur. Dans la sourate El-Baqara, Allah dit :


« Ceci est le Livre au sujet duquel il n’y a aucun doute, un guide pour les pieux. »

Coran 2:2


Un guide. Pas un simple texte. Pas une œuvre littéraire. Un guide suppose un chemin, des obstacles, une destination. Le Coran m’a appris que je suis en marche. Il m’a appris la patience.


Dans la sourate El-Inshirah, il est répété : « A côté de la difficulté est, certes, une facilité. »


Remarque : il n’est pas dit après la difficulté, mais avec. La facilité peut être invisible. Elle peut être intérieure.


Elle peut être une force nouvelle, une lucidité, une purification. Le Prophète ﷺ a dit : « Quelle affaire étonnante que celle du croyant ! Toute son affaire est un bien… »


S’il est éprouvé, il patiente et c’est un bien pour lui ; s’il reçoit un bienfait, il remercie et c’est un bien pour lui. Le Coran m’a appris à ne pas mesurer ma vie uniquement à l’aune du confort.


Il m’a appris la responsabilité. Dans la sourate Ez-Zalzalah, il est dit : « Quiconque fait le poids d’un atome de bien le verra, et quiconque fait le poids d’un atome de mal le verra. »


Un atome. Rien n’est insignifiant. Un mot blessant. Un regard injuste. Un geste discret de générosité.


Le Coran m’a appris que la foi ne se limite pas aux grandes actions visibles, mais se tisse dans les détails invisibles. Il m’a appris la sincérité. Dans la sourate El-Moulk, Allah dit :


« Afin de vous éprouver et de savoir qui de vous est le meilleur en œuvre. »


Les savants expliquent : le meilleur, c’est le plus sincère et le plus conforme.


Fudayl ibn ’Iyad disait : « Si l’œuvre est sincère mais incorrecte, elle n’est pas acceptée ; si elle est correcte mais non sincère, elle n’est pas acceptée. Elle doit être sincère pour Allah et conforme à la voie du Messager. »


Le Coran m’a appris que la qualité l’emporte sur la quantité.


Il m’a appris la miséricorde.


Dans la sourate Ez-Zoumar, il est dit :


« Ô Mes serviteurs qui avez commis des excès contre vous-mêmes, ne désespérez pas de la miséricorde d’Allah. »


Ne désespérez pas.


Ces mots sauvent des vies intérieures.


Rabi’a el-Adawiyya disait : « Je T’adore non par crainte de Ton feu, ni par désir de Ton paradis, mais parce que Tu es digne d’être adoré. »


Le Coran m’a appris que l’amour d’Allah peut dépasser la simple peur et l’espoir : il peut devenir attachement pur.


Il m’a appris la justice.


Dans la sourate An-Nisa, il est dit :


« Ô vous qui avez cru ! Soyez stricts dans l’équité… même contre vous-mêmes. »


Même contre vous-mêmes.


Le Coran m’a appris que la vérité n’est pas tribale. Elle n’est pas partisane. Elle ne s’adapte pas à mes intérêts. Être croyant, c’est accepter d’être corrigé.


Il m’a appris l’humilité.


Dans la sourate El-Fourqan, Allah décrit les serviteurs du Tout Miséricordieux :


« Ceux qui marchent humblement sur la terre… »


Marcher humblement.


Pas seulement prier longuement. Pas seule-ment parler savamment. Marcher humblement.


Ibn Ata Allah el-Iskandari écrivait : « Enterre ton existence dans la terre de l’anonymat ; ce qui pousse sans être enfoui ne mûrit pas. »


Le Coran m’a appris que la profondeur aime la discrétion.


Il m’a appris le sens du temps. 


Dans la sourate El-Asr, trois versets seulement : 


« Par le Temps ! L’homme est certes en perdition… »


Le temps n’est pas neutre. Il témoigne.


Le Coran m’a appris que chaque jour est une page qui s’écrit. Que chaque heure peut m’élever ou m’éroder. Il m’a appris que la transformation commence par l’intérieur. Dans la sourate Er-Ra’d, il est dit : « Allah ne change pas l’état d’un peuple tant qu’ils ne changent pas ce qui est en eux-mêmes. »


Avant de réformer le monde, réformer son cœur. Avant de dénoncer l’injustice, purifier son intention.


Le Coran m’a appris que la réforme est d’abord intime. Il m’a appris que la parole a un poids.


Le Prophète ﷺ a dit : « Que celui qui croit en Allah et au Jour dernier dise du bien ou se taise. »


Le Coran m’a appris que la langue peut être clé ou cadenas, lumière ou incendie.


Enfin, il m’a appris que la réussite n’est pas matérielle, mais morale.


Dans la sourate Esh-Shams, il est dit :


« A réussi, certes, celui qui la purifie. »


La réussite est intérieure. La victoire est spirituelle. Le triomphe est éthique.


Le Coran m’a appris à me regarder avec vérité, à espérer sans naïveté, à craindre sans désespérer, à agir sans ostentation.


Il m’a appris que la foi n’est pas une théorie, mais une transformation.


Le Coran m’a appris que la nuit n’est jamais sans aurore, et que le cœur qui s’y attache ne meurt jamais… il éclot encore.



*Article à paraître dans le n°100 de notre magazine Iqra.




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