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Lumière et lieux saints de l'Islam, à la découverte des mosquées du monde (n°74) - La Mosquée Khalifa ben Zayed

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Par Noa Ory

Il est des lieux où la pierre se souvient, où chaque coup de ciseau porte la nostalgie du divin. La mosquée Khalifa ben Zayed Al Nahyane, à El-Aïn, n’est pas seulement un édifice, elle est une âme d’architecture. Élevée dans la ville des oasis, là où la terre respire encore le parfum de la patience et du palmier, elle incarne l’esprit même de la civilisation islamique : un équilibre parfait entre la verticalité de la foi et l’horizontalité du monde.


Une genèse enracinée dans la mémoire


Tout commence à El-Mouwaïji, non loin de l’endroit où repose aujourd’hui ce monument de lumière. C’est là qu’en 1948 naquit le Cheikh Khalifa ben Zayed, fils du fondateur de la nation. De son père, il hérita l’amour des pierres qui prient, la conscience que la beauté, lorsqu’elle est sincère, devient un acte de foi. Construire, pour lui, n’était pas seulement édifier : c’était rendre grâce. Ainsi, la mosquée qui porte son nom ne fut pas pensée comme un simple sanctuaire, mais comme une offrande, un pont entre l’héritage de la terre et l’appel du ciel.


Le souffle d’une architecture spirituelle


Dès le premier regard, la mosquée s’impose comme une symphonie de géométrie et de lumière. Sa coupole, vaste comme une aurore suspendue, ne se contente pas de couvrir le lieu de prière : elle l’habite. Des versets du Coran, tracés dans le Thuluth, ce calligraphe qui sculpte la foi dans le souffle, courent sur sa surface en arabesques tissées. Ce ne sont plus des lettres, mais des souffles d’encre et de pierre qui se répondent dans un murmure d’éternité. Chaque mot semble dire : “Le Beau est un des noms de Dieu.”


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La mosquée est un dialogue entre le passé et le présent. Les ingénieurs d’aujourd’hui ont épousé les songes des anciens bâtisseurs : ils ont laissé la lumière tracer des calligraphies invisibles sur les murs, et le silence se faire espace.Là, tout est symbole : la cour centrale, large comme un cœur, respire au rythme du vent et des prières ; les minarets s’élèvent à soixante-quinze mètres, non pour dominer, mais pour indiquer, tel un doigt levé vers le ciel.


L’art de la lumière et de l’ombre


Dans la salle principale, la lumière ne vient jamais d’en haut seulement. Elle glisse par les vitraux, se diffracte, caresse le marbre, et se pose sur les fidèles comme un voile de clarté.Le soleil n’entre pas, il prie.Les artisans l’ont voulu ainsi : que la lumière fût présence, qu’elle fût enseignement. Elle révèle le tapis monumental, tissé à la main par vingt-sept artisans, où se mêlent les verts du jardin d’Éden et les ors du couchant.Sous le dôme, le grand lustre, taillé comme une gemme céleste, suspend son éclat au-dessus des têtes inclinées : une étoile captive venue éclairer les prosternations humaines.


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Le mihrab, seuil du mystère


Le mihrab, orné d’or fin, est une alcôve creusée dans le mur de la qibla, un puits où s’enfonce la voix de l’imam avant de se répandre dans l’air. Avant les microphones, le mihrab était un instrument d’écho. Aujourd’hui encore, il demeure un instrument d’âme : il renvoie à celui qui prie l’image de sa propre profondeur. C’est ici que la prière devient architecture, et l’architecture, prière.


Une leçon de civilisation


La mosquée Khalifa ben Zayed ne cherche pas à rivaliser avec la modernité : elle l’apprivoise. Ses lignes épurées, sa coupole sans ostentation, ses matériaux mêlant le granit et le verre, racontent une civilisation qui avance sans se renier. L’ombre du passé y éclaire le futur, comme si l’esprit de Cordoue et celui de Samarcande se retrouvaient sous le même dôme. Chaque pierre, chaque ligne, chaque silence est un verset de la grande sourate de la beauté islamique.


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Et lorsque, à la tombée du jour, les minarets s’embrasent d’un halo doré, El-Aïn semble se taire pour écouter son propre cœur. Alors, la mosquée n’est plus un monument : elle devient une respiration du monde.Un lieu où l’on comprend, sans mot, ce que signifie le verset :


« Dieu est la Lumière des cieux et de la terre. »


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*article paru dans le n°80 de notre magazine Iqra.



                         

 

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moonlight
13 oct.

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