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Le Coran m’a appris (n°43) - السلام : quand la paix devient un principe, même en temps de guerre

  • il y a 22 heures
  • 6 min de lecture

Par Cheikh Khaled Larbi

Entre tumulte et silence, entre colère et espérance,

Entre justice proclamée et vérités en dissonance…

Dans un monde où la guerre impose sa cadence,

Une question s’impose avec insistance :

où est passée la paix… et quel est son sens !


Le Coran ne présente pas la paix comme une simple absence de guerre. Il en fait une finalité, une direction, une valeur centrale. Le mot « Islam » lui-même provient de la racine S-L-M : paix, sécurité.


Ce n’est pas un détail linguistique. C’est une clé de compréhension. Une invitation divine à la paix.


Le Coran affirme :


« Et Dieu appelle à la demeure de la paix (Dar As-Salam). »

Sourate Younous, 10:25


La paix n’est pas seulement souhaitée… elle est appelée, recherchée, construite. Et même en situation de conflit :


« S’ils inclinent à la paix, incline vers elle toi aussi. »

Sourate El-Anfal, 8:61


Ce verset est fondamental : la paix doit être saisie dès qu’elle devient possible.


La guerre en islam : une exception encadrée


Le Coran m’a appris une chose essentielle : la guerre n’est jamais un objectif. Elle est une réponse limitée à une situation extrême.


Elle est encadrée par la justice, la proportion, la responsabilité.


« Et ne transgressez pas. »

Sourate 2:190


Même dans le conflit, il existe des lignes à ne pas franchir.


Le Prophète Mohamed ﷺ a enseigné la retenue, la miséricorde et la dignité. Même envers l’ennemi.

Ce n’est pas une faiblesse. C’est une force morale.


Un exemple qui traverse l’histoire : Salah Ed-Din (Saladin)


En pleine guerre contre les Croisés, il apprend que son adversaire, Richard Cœur de Lion, est malade.


Que fait-il ? Il ne profite pas de sa faiblesse. Il n’accélère pas l’attaque. Il envoie son médecin personnel, des remèdes, des fruits.


Voilà une scène rare : un ennemi qui soigne son ennemi.


En temps de guerre, après les combats, il accomplit la prière funéraire (Janazah)… même pour ses adversaires.


Cela signifie reconnaissance de leur humanité, respect de leur dignité, refus de la haine aveugle.


Le Coran m’a appris que la justice ne dépend pas de l’émotion, que la morale ne dépend pas du camp.


« Que la haine pour un peuple ne vous incite pas à être injustes. Soyez justes, cela est plus proche de la piété.  »

Sourate 5, v.8


Aujourd’hui, cette question se pose : peut-on être juste quand on est en colère ?


La paix est souvent stratégique. La guerre devient totale. Les limites s’effacent.


Hier, dans la vision coranique, la paix est un objectif, la guerre est contenue, l’éthique est constante.


Ce n’est pas une nostalgie… c’est une référence morale. « La paix ne consiste pas seulement à faire taire les armes, mais à faire vivre la justice. »


Le Coran ne m’a pas appris à ignorer les conflits. Il m’a appris à ne pas devenir injuste, ne pas perdre mon humanité, ne pas confondre force et brutalité. Il m’a appris que la vraie victoire, n’est pas seulement militaire… mais morale. Des vérités révélées, des principes tracés, Des cœurs appelés, des âmes éclairées… Entre guerre assumée et paix recherchée, un message doit être rappelé :


La paix n’est pas faiblesse, elle est lucidité…

Et celui qui la choisit élève son humanité.



*Article paru dans le n°104 de notre magazine Iqra.




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