Sabil al-Iman (n°85) - Quand la foi traversait les tranchées…
- 13 nov. 2025
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Par Cheikh Khaled Larbi
Sous la pluie et les obus, des hommes priaient. Sous la terreur et le tonnerre, des cœurs espéraient. Ils s’appelaient Ahmed, Ali, Moussa ou Omar. Leurs visages étaient sombres de boue mais lumineux de foi. Ils parlaient l’arabe, le peul, le berbère, le wolof, mais sur leurs lèvres se mêlait une seule parole : Lâ ilaha illâ Allah.
Dans la fureur du monde, ils portaient la douceur du ciel. Et quand la guerre effaçait les nations, eux gravaient la fidélité dans le Livre de Dieu. Ainsi marchaient-ils, soldats de France et serviteurs du Très-Haut, témoins d’une humanité blessée mais debout. Telle fut leur voie : Sabil el-Imân : le chemin de la foi.
La boue collait aux bottes comme la peur au cœur. Les obus déchiraient le ciel, les rats rongeaient les vivres, et la mort guettait chaque souffle. Pourtant, au milieu de cet enfer, des hommes se levaient, faisaient leurs ablutions dans l’eau glacée d’un casque, étendaient un mouchoir sur la terre humide, et priaient. Leur prière ne demandait pas la victoire mais la paix, non pas la survie mais la dignité.
Le capitaine Charles Mangin écrivit : « J’ai vu des musulmans prier sous le feu des mitrailleuses. Leur foi est une cuirasse que rien ne perce. »
Cette lumière intérieure puisait dans le Coran : « Ô vous qui croyez ! Cherchez secours dans la patience et la prière, car Dieu est avec les patients. » (S. 2, v. 153)
Leur patience n’était pas résignation, mais résistance ; leur prière, une force tranquille.Ils savaient que mourir pour la loyauté n’est pas périr, mais vivre autrement.
Ces hommes venus d’Algérie, du Maroc, de Tunisie, du Sénégal ou d’Égypte n’étaient pas des mercenaires. Ils étaient musulmans et soldats de France.Certains n’avaient jamais vu Paris, mais tous partageaient un même idéal : l’honneur.
Leur fidélité envers Dieu rejoignait celle envers la République.
Le cheikh Si Kaddour Benghabrit dira plus tard : « Ces hommes ont mêlé leur sang à celui des fils de France. Ils ont montré que la foi islamique ne s’oppose pas à la fidélité républicaine. »
Ils priaient Allah el-‘Adl, Dieu le Juste, et servaient une nation qui proclamait « Liberté, Égalité, Fraternité ». Deux fidélités, un seul esprit : la dignité.
Après la guerre, la France créa le cimetière musulman de Bobigny, inauguré en 1937. Sur les pierres, on lit en arabe : « Ici repose un soldat musulman mort pour la France. » Ce lieu silencieux relie la foi et la République, le ciel et la terre. Il rappelle que la laïcité, dans son esprit, n’est pas le rejet de Dieu, mais la garantie de la liberté de croire. Ces soldats l’avaient compris avant que l’on parle de « vivre-ensemble ». Ils prouvaient que l’islam est une école du respect, de la droiture et du service.
La guerre fut pour eux l’école du tawakkul, la confiance totale en Dieu.
Le Prophète ﷺ disait : « Le fort n’est pas celui qui terrasse son adversaire, mais celui qui se maîtrise dans la colère. »
Et ces jeunes tirailleurs, qui refusaient de tirer sur un prisonnier ; ces blessés qui partageaient leur pain avec un camarade chrétien ; ces soldats qui invoquaient Dieu avant l’assaut, tous avaient compris que la perfection humaine n’est pas dans la victoire, mais dans la fidélité au bien.
Le Coran ne glorifie pas la guerre, mais la paix. « Combattez dans le sentier de Dieu ceux qui vous combattent, mais ne transgressez pas. Car Dieu n’aime pas les transgresseurs. » (S. 2, v. 190)
Dans les tranchées, leur combat n’était pas contre des hommes, mais contre la peur et la haine. Quand les bombes tombaient, c’est le dhikr Allah, le souvenir de Dieu, qui résonnait le plus fort. Leur foi n’était pas un cri, mais une lumière.
Aujourd’hui, se souvenir d’eux, c’est redonner sens à la fraternité. Ils servirent une République parfois injuste sans jamais haïr.Ils portèrent le nom de Dieu sans jamais le brandir contre quiconque. Ils prouvèrent que la foi sincère mène toujours au service du bien commun.
« Dieu ne fait point perdre le salaire de ceux qui font le bien. » (S. 9, v. 120)
Leur mémoire devrait être enseignée, honorée, transmise.Ils vinrent d’ailleurs, mais reposent ici. Ils parlèrent d’un autre ciel, mais défendirent cette terre. Ils combattirent avec foi, moururent avec dignité, et laissèrent à la France une leçon d’humanité. Leur sang a tracé sur le sol un mot que la pluie n’efface pas : fidélité.
Et quand le vent d’automne passe sur les tombes de Bobigny, il murmure encore : « Ceux qui croient et font le bien, Dieu leur donnera deux parts de Sa miséricorde. » (S. 57, v. 28)
Ils furent soldats de la France, témoins de l’islam, artisans d’une humanité réconciliée.
Et leur foi, encore, veille sur nos mémoires, comme une prière suspendue entre le ciel et la patrie.
*Article à paraître dans le n°85 de notre magazine Iqra.
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