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Lumière et lieux saints de l'Islam, à la découverte des mosquées du monde (n°81) - Le cœur de Sanaa : le Grand Sanctuaire de Ghémdân

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Par Noa Ory

Au cœur de Sanaa la splendide, là où les maisons d’argile s’élèvent comme des chapitres gravés dans la mémoire des siècles, s’étend la vieille ville : un labyrinthe de ruelles étroites et d’édifices serrés, façonnés par les mains d’artisans qui ont compris que l’architecture est une prière silencieuse.


Dans cette cité bénie, les minarets se multiplient comme des appels au Ciel. Quel que soit l’endroit où se pose le regard, une flèche s’élance vers Dieu, proclamant Sa grandeur et réunissant les croyants autour de l’apprentissage et de la récitation du Livre Sacré.


Mais un sanctuaire domine tous les autres, par sa prééminence dans l’histoire du Yémen et dans le cœur des musulmans : la Grande Mosquée de Sanaa, berceau des premières lueurs de l’Islam dans cette terre fière.


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Selon la tradition authentique, le Prophète Mohammed, paix et salut sur lui, envia à Sanaa un de ses nobles compagnons : Wabr ibn Yuhannas El-Khuzâ‘î, porteur de la lumière du Message. Et il ne vint pas les mains vides : le Messager de Dieu lui ordonna d’y bâtir une mosquée.


Il lui indiqua même son emplacement : dans le verger de Bâdhân, gouverneur perse qui résidait au majestueux palais de Ghémdân. Et il lui fit tracer la qibla, orientée sur le mont Dhin, au nord de Sanaa, orientation qui s’est révélée, à la lumière des sciences modernes, exactement dirigée vers la Kaaba.


Ainsi fut posée la première pierre, ou peut-être la dernière feuille d’un ancien règne, car la mosquée se construisit sur les vestiges du palais de Ghémdân.


Au fil des siècles, les souverains s’y succédèrent comme s’ils voulaient, chacun à leur manière, prolonger la baraka fondatrice. Ils élargirent les salles, embellirent les façades, couvrirent les piliers… et parfois, en bâtissant, ils enfouirent des traces d’origine que l’on s’efforce aujourd’hui de retrouver.


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Les portes métalliques, lourdes et austères, portent encore les caractères du Musnad, alphabet antique des peuples du Sud. Elles sont les témoins d’une époque où cette terre chantait d’autres dieux, avant de trouver enfin le chemin de l’Unicité.


Sous les colonnades, les étudiants en sciences religieuses s’installent face aux savants pour apprendre le fiqh, la loi révélée, l’exégèse du Coran et par-dessus tout, la mémorisation des versets de Dieu. Le jour, la mosquée est un foyer de savoir. La nuit, elle devient une forteresse d’invocations.

 

Et voici qu’un jour, la terre parla.


Des archéologues, œuvrant dans les sous-sols du sanctuaire, découvrirent un trésor inestimable : Douze manuscrits du Coran.Parmi eux, un exemplaire attribué à l’Imam Ali, que Dieu l’agrée. Et des milliers de manuscrits islamiques cachés, comme des perles dans leur écrin.


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Ce trésor scellé, préservé, transmis par la Providence suffit à rappeler que cette mosquée n’est pas seulement un lieu de prière : elle est une bibliothèque vivante de la Révélation.


Ainsi demeure la Grande Mosquée de Sanaa : premier phare de l’Islam au Yémen, sanctuaire des cœurs et des sciences, pierre posée par la main de la prophétie et protégée par le souffle de l’Histoire.


Dans ses pierres sombres et lumineuses à la fois,dans ses cours où les ombres des fidèles se mêlent à la poussière dorée du Yémen,dans ses portes gravées et ses minarets dressés, se trouve une certitude :


Ici, l’Islam est chez lui depuis le premier matin.


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*article paru dans le n°87 de notre magazine Iqra.



                         

 

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