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Le Coran m’a appris (n°52) - À briser les chaînes

  • 9 juin
  • 8 min de lecture

Par Cheikh Khaled Larbi

Quand l’homme érige des murs, la Révélation ouvre des chemins, quand les passions forgent des chaînes, la parole divine enseigne comment les briser sans haine.


Certaines expressions coraniques traversent les siècles avec une puissance intacte. Elles semblent courtes à la lecture, mais elles contiennent un horizon moral immense.


Parmi elles figure ce passage de la sourate El-Balad : 


« Et qui te dira ce qu’est la voie difficile ? C’est délier un joug. »

Coran 90:12-13


Dans sa brièveté, ce verset révèle une vérité fondamentale : la proximité de Dieu ne se mesure pas uniquement à la prière ou au jeûne. Elle se mesure également à notre capacité à alléger le fardeau des autres et à rendre leur liberté à ceux qui en sont privés.


Le Coran ne se contente pas de condamner l’injustice en théorie. Il cherche à transformer progressivement les mentalités afin que la dignité humaine devienne une évidence.


Pour comprendre la portée de ce verset, il faut se replacer dans le contexte de sa révélation.


Au VIIe siècle, l’esclavage existait dans presque toutes les civilisations connues.


L’Arabie n’échappait pas à cette réalité.


L’Empire romain l’avait pratiqué.


L’Empire perse également.


Les royaumes d’Afrique, d’Asie et d’Europe connaissaient diverses formes de servitude.


L’esclavage constituait alors une institution profondément enracinée dans les structures économiques et sociales. C’est dans ce contexte que le Coran introduit un changement de perspective radical. Au lieu de considérer l’être humain comme un objet susceptible d’être possédé, il rappelle sans cesse son origine commune :


« Ô hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d’un seul être. »

Coran 4:1


Cette affirmation paraît simple. Elle est pourtant révolutionnaire.


Car si tous les êtres humains procèdent d’une même origine, aucune supériorité naturelle ne peut justifier l’humiliation d’un autre être humain.


Le Coran va plus loin. Il transforme l’affranchissement en acte d’adoration.


Ainsi, lorsqu’une faute grave est commise, l’une des formes d’expiation consiste à libérer un esclave.


Concernant l’homicide involontaire :


« Quiconque tue un croyant par erreur devra affranchir un esclave croyant. »

Coran 4:92


Concernant certains serments :


« Son expiation sera de nourrir dix pauvres (…) ou d’affranchir un esclave. »

Coran 5:89


Concernant certaines formes de rupture conjugale injuste :


« Ils devront affranchir un esclave avant de reprendre la vie commune. »

Coran 58:3


Ces versets ne sont pas anecdotiques. Ils montrent que chaque fois que la société est confrontée à une faute morale, le Coran ouvre une porte vers davantage de liberté humaine.


L’affranchissement devient ainsi une réparation. Une purification. Une élévation spirituelle.

Une manière de restaurer la dignité.


Les exégètes musulmans ont souvent souligné cette sagesse.



Au lieu de proclamer une rupture théorique sans moyens concrets d’application, le Coran multiplie les mécanismes destinés à réduire progressivement le phénomène.


Chaque acte de piété devient une occasion d’émancipation.


Chaque acte de réparation devient une occasion de libération.


Chaque croyant est invité à participer à cette dynamique.


L’histoire des Compagnons illustre parfaitement cet esprit. Abou Bakr consacra une partie importante de sa fortune à affranchir des hommes et des femmes persécutés en raison de leur foi. Parmi eux figurait Bilal ibn Rabah.


Lorsque certains lui reprochèrent d’utiliser son argent pour libérer des personnes pauvres et faibles, il répondit qu’il recherchait uniquement l’agrément de Dieu. Son geste demeure l’un des plus beaux exemples de cohérence entre la foi et l’action.


Le Prophète ﷺ lui-même encouragea constamment la bienveillance envers les serviteurs.


Il déclara : « Vos serviteurs sont vos frères. Allah les a placés sous votre responsabilité. Que celui qui a son frère sous son autorité lui donne à manger de ce qu’il mange et à porter de ce qu’il porte. » (Rapporté par el-Boukhari et Mouslim).


Dans une autre tradition authentique, il enseigna : « Celui qui affranchit un esclave, Allah affranchira de l’Enfer chacun de ses membres pour chacun des membres de l’esclave. » (Rapporté par al-Bukhari et Muslim).


Le message est clair. Dieu aime ceux qui rendent la liberté. Dieu aime ceux qui restaurent la dignité. Dieu aime ceux qui soulagent les fardeaux. Mais les chaînes dont parle le Coran ne sont pas uniquement matérielles.


Il existe aussi des chaînes invisibles.


Les chaînes de l’ignorance.


Les chaînes de l’injustice.


Les chaînes de l’orgueil.


Les chaînes de la dépendance.


Les chaînes du racisme.


Les chaînes de l’avidité.


Combien d’hommes libres juridiquement vivent aujourd’hui prisonniers de leurs passions ?


Combien d’êtres humains disposent de tous leurs droits civiques mais demeurent captifs de la peur, de la haine ou de l’addiction ?


La Révélation nous enseigne que la véritable liberté commence dans l’âme.


L’imam Al-Ghazali écrivait : « L’esclave véritable est celui qui est dominé par ses passions. »

Cette réflexion conserve toute son actualité.


Une société peut abolir les chaînes visibles tout en laissant prospérer les chaînes invisibles.

Le croyant est appelé à combattre les deux.


C’est pourquoi l’islam ne réduit pas la liberté à une simple notion politique. La liberté est également spirituelle. Elle consiste à se libérer de tout ce qui éloigne de Dieu et diminue l’être humain. Ainsi, lorsque le Coran parle de « délier un joug », il nous invite à devenir des artisans de libération sous toutes ses formes.


Libérer les opprimés.


Libérer les consciences.


Libérer les cœurs.


Libérer les sociétés des injustices qui les étouffent.


La foi authentique ne cherche pas à dominer. Elle cherche à élever.


Elle ne construit pas des prisons.


Elle ouvre des horizons.


Elle ne multiplie pas les chaînes.


Elle les brise.


Quand la Révélation entre dans les cœurs, les fers deviennent poussière et les ténèbres deviennent lumière, quand la foi guide les pas, chaque acte de justice rapproche du Seigneur de l’univers.


Car le croyant ne mesure pas sa grandeur au nombre de ceux qu’il domine, mais au nombre de ceux qu’il aide à se relever, et la plus belle victoire n’est pas de posséder des hommes, mais de contribuer à leur liberté.



*Article à paraître dans le n°113 de notre magazine Iqra.




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2 commentaires


Thomasjosephdjmbi
Thomasjosephdjmbi
il y a 2 jours

Ce verset sur la libération des chaînes résonne profondément, surtout quand on réfléchit aux entraves modernes qui nous retiennent. J’ai trouvé un éclairage complémentaire sur https://ai-3d-model-generator.com

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Riel Derrick
Riel Derrick
il y a 4 jours

Ce passage m'a particulièrement touché, car il rappelle que la vraie liberté commence dans le cœur. J'ai trouvé des ressources complémentaires sur https://ai-for-animation.com

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