Le Coran m’a appris (n°56) - « Dans des maisons que Dieu a permis qu'on élève »
- il y a 2 heures
- 8 min de lecture

Par Cheikh Khaled Larbi
Parmi les images les plus profondes du Coran figure celle des « maisons que Dieu a permis qu'on élève ». Ce verset nous invite à réfléchir au rôle de la mosquée dans la vie du croyant. Elle n'est pas seulement un bâtiment destiné à la prière, elle est un lieu où la lumière divine éclaire les cœurs et où l'être humain apprend à s'élever.
Allah dit :
« Dans des maisons que Dieu a permis qu'on élève et où Son Nom est invoqué, Il y est glorifié matin et soir. »
Coran, 24:36
Le verbe « élever » possède ici une double portée. Il signifie bâtir un édifice, mais aussi élever les âmes. Une mosquée n'est véritablement élevée que lorsque ceux qui la fréquentent grandissent en foi, en sagesse et en noblesse de caractère.
La première mosquée : bâtir les hommes avant les murs
Lorsque le Prophète Mohamed ﷺ arriva à Médine, son premier acte fut de construire une mosquée. Avant les institutions, avant les richesses matérielles, il établit un lieu où les croyants pourraient se retrouver, apprendre et grandir ensemble.La mosquée du Prophète ﷺ était un espace de prière, mais aussi d'enseignement, de solidarité et de fraternité. On y formait les consciences au-tant que les générations.
Le Prophète ﷺ a dit : « La prière accomplie en groupe est supérieure de vingt-sept degrés à celle accomplie seul. » (Rapporté par El-Boukhari et Mouslim).
Ce hadith rappelle que l'islam ne construit pas seulement des croyants isolés, il bâtit une communauté unie par la foi, la responsabilité et le soutien mutuel.
Le verset sur les maisons de Dieu est précédé par le célèbre verset de la Lumière :
« Allah est la Lumière des cieux et de la terre… »
Coran, 24:35
Cette proximité n'est pas fortuite. Les mosquées sont appelées à devenir des lieux où cette lumière éclaire les cœurs avant d'illuminer la société.
Une mosquée vivante ne se limite pas à accueillir la prière. Elle fait naître le savoir, nourrit la fraternité, encourage la justice, développe la compassion et inspire le service des autres. La lumière qui y est reçue doit accompagner le croyant dans sa vie quotidienne.
Les mosquées, berceaux de civilisation
Au cours de l'histoire musulmane, les mosquées furent souvent des centres de savoir et de rayonnement intellectuel.
La mosquée du Prophète ﷺ à Médine forma les premières générations de musulmans. Al-Azhar devint l'un des plus grands centres d'enseignement du monde islamique. La Grande Mosquée de Cordoue symbolisa pendant des siècles la rencontre entre spiritualité, science et culture.
Ces exemples rappellent qu'une civilisation s'élève lorsque la foi nourrit la connaissance. Comme le soulignait Ibn Khaldoun, les sociétés prospèrent lorsqu'elles s'organisent autour de valeurs, de savoirs et d'institutions solides.
Le Coran ne demande pas seulement de construire des mosquées, il invite à les faire vivre.
Allah dit :
« Ne peuplent les mosquées de Dieu que ceux qui croient en Dieu et au Jour dernier, accomplissent la prière, donnent l'aumône et ne craignent que Dieu. »
Coran, 9:18
Peupler une mosquée ne signifie pas uniquement y entrer. C'est y apporter une présence sincère, une foi vivante et un comportement exemplaire.
Le Prophète ﷺ a également annoncé : « Celui qui se rend à la mosquée matin ou soir, Allah lui prépare une demeure au Paradis chaque fois qu'il s'y rend. » (Rapporté par El-Boukhari et Mouslim).
La fréquentation de la maison de Dieu transforme progressivement celui qui s'y rend avec sincérité.
L'islam enseigne que l'adoration de Dieu ne peut être séparée du service des hommes. La prière, la générosité, le respect de la famille et l'attention portée aux autres font partie d'une même démarche spirituelle.
Les savants ont souvent rappelé que la véritable foi se reconnaît dans les comportements. Une mosquée remplit pleinement sa mission lorsque ceux qui en sortent deviennent plus justes, plus bienveillants et plus utiles à leur entourage.
Le Coran m'a appris que les maisons de Dieu ne s'élèvent pas seulement par les mains des bâtisseurs, mais surtout par la sincérité de ceux qui les fréquentent. Une pierre sans lumière demeure une pierre, une mosquée habitée par la foi, le savoir et le service devient une lumière pour toute la cité.Que nos mosquées soient des lieux où les fronts se prosternent, où les esprits apprennent, où les mains servent et où les cœurs se rencontrent. Car la plus belle maison est celle qui rapproche les hommes de Dieu et les uns des autres.
*Article à paraître dans le n°117 de notre magazine Iqra.
LIRE AUSSI :



Commentaires