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Le Coran m’a appris (n°60) - La perfection humaine : devenir meilleur sans se croire parfait

il y a 20 heures
8 min de lecture

Par Cheikh Khaled Larbi

Nous vivons dans un monde qui nous pousse à paraître parfaits : réussir, maîtriser nos émotions, être de bons parents, de bons époux, de bons col-lègues et de bons croyants. Pourtant, le Coran nous enseigne une conception plus profonde de la perfection : l’être humain n’est pas parfait parce qu’il ne commet jamais d’erreur ; il devient meilleur lorsqu’il reconnaît ses limites, corrige ses fautes et cherche constamment à se rapprocher d’Allah.


Une perfection fondée sur le travail intérieur


Allah rappelle notre fragilité :


﴿وَخُلِقَ الْإِنسَانُ ضَعِيفًا﴾

« L’être humain a été créé faible. »

Coran, 4:28


Cette faiblesse n’est pas une justification du mal, mais une invitation à l’humilité et au travail sur soi. Le Coran dit :


﴾ قَدْ أَفْلَحَ مَن زَكَّاهَا ۝ وَقَدْ خَابَ مَن دَسَّاهَا ﴿

« A certes réussi celui qui la purifie, et a certes échoué celui qui la corrompt. »

Coran, 91:9-10


La véritable réussite commence donc par la purification de l’âme. Il ne s’agit pas seulement de modifier son apparence, mais de transformer son cœur afin que cette transformation se traduise dans les actes.


La perfection commence par la justice


L’une des plus grandes exigences coraniques est la justice :


﴾ اعْدِلُوا هُوَ أَقْرَبُ لِلتَّقْوَىٰ ﴿

 « Soyez justes: cela est plus proche de la piété »

Coran, 5:8


Cette exigence vaut même lorsque nous sommes en colère, en désaccord ou face à quelqu’un qui ne nous ressemble pas. Le croyant ne doit pas laisser ses émotions décider à la place de ses principes.

Le Coran associe également la justice (al-ʿadl) à l’excel-lence dans le bien (el-Ihsân) :


﴿إِنَّ اللَّهَ يَأْمُرُ بِالْعَدْلِ وَالْإِحْسَانِ﴾

« Certes, Allah commande la justice et l’excellence dans le bien ». 

Coran, 16:90


Il ne suffit donc pas d’avoir raison : il faut aussi savoir défendre ce que l’on croit juste avec justice et noblesse.


Maîtriser sa colère : une véritable force


La perfection morale se manifeste également dans la maîtrise de soi. Allah décrit les croyants comme ceux :


﴿وَالْكَاظِمِينَ الْغَيْظَ وَالْعَافِينَ عَنِ النَّاسِ﴾

 « qui maîtrisent leur colère et pardonnent aux gens. » 

Coran, 3:134


Le croyant n’est pas celui qui ne ressent jamais la colère, mais celui qui apprend à la maîtriser. Le Prophète ﷺ a également enseigné que la véritable force réside dans la maîtrise de soi au moment de la colère.


Devenir meilleur, pas prétendre être arrivé


Le Coran présente la perfection comme un chemin de progression :


﴿وَأَن لَّيْسَ لِلْإِنسَانِ إِلَّا مَا سَعَىٰ﴾

« Et que l’être humain n’aura que ce vers quoi il s’est efforcé. »

Coran, 53:39


Celui qui apprend progressivement la patience, abandonne l’injustice, maîtrise ses paroles, retrouve la prière ou se repent sincèrement est déjà en chemin. La perfection humaine n’est pas de ne jamais tomber, mais de refuser de rester à terre.


Même après la faute, la porte reste ouverte :


﴿إِنَّ اللَّهَ يُحِبُّ التَّوَّابِينَ﴾

« Certes, Allah aime ceux qui se repentent. »

Coran, 2:222


Le repentir devient alors une école de transformation : reconnaître, regretter, réparer, changer et recommencer.


Être juste avec l’autre


La maturité spirituelle apparaît aussi dans notre rapport aux différences. Allah dit :


﴿لِتَعَارَفُوا﴾

« afin que vous vous connaissiez. »

Coran, 49:13


Connaître l’autre ne signifie pas abandonner son identité, dialoguer ne signifie pas renoncer à sa foi, respecter une personne ne signifie pas adopter ses convictions. On peut être profondément attaché à sa foi tout en respectant profondément celui qui ne la partage pas.


Cette exigence est particulièrement importante face aux mémoires douloureuses. Les violences doivent être con-damnées et les victimes honorées, mais la mémoire ne doit jamais devenir un instrument d’amalgame. Le Coran affirme :


﴿وَلَا تَزِرُ وَازِرَةٌ وِزْرَ أُخْرَىٰ﴾

« Nulle âme ne portera le fardeau d’une autre. »

Coran, 6:164


La responsabilité est personnelle : on ne condamne ni une religion, ni un peuple, ni une communauté entière pour les crimes d’individus.


Le Coran m’a appris… à ne pas confondre perfection et absence de défaut, force et dureté, justice et vengeance, pardon et faiblesse, différence et hostilité. Surtout, le Coran m’a appris que le véritable travail commence par moi-même : avant de demander au monde de changer, je dois apprendre à me changer ; avant de dénoncer la colère des autres, regarder la mienne ; avant de demander le respect, respecter ; avant de parler de justice, être juste. La vraie perfection n’est pas de ne jamais tomber. C’est de se relever, de corriger ses erreurs et de continuer à marcher vers Allah, le cœur humble, l’âme apaisée et les actes éclairés.



*Article à paraître dans le n°121 de notre magazine Iqra.




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