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Le Coran m’a appris (n°63) - Le croyant peut souffrir sans perdre la foi

il y a 1 heure
8 min de lecture

Par Cheikh Khaled Larbi

Le Coran m’a appris que souffrir n’est pas s’éloigner d’Allah, et que les larmes ne sont pas une faiblesse de la foi. Le croyant n’est pas celui qui ne souffre jamais, mais celui qui, dans sa souffrance, continue de se tourner vers Allah.


Yaqub : pleurer et croire


Lorsque Yūsuf عليه السلام disparaît, Yaqub عليه السلام pleure profondément :


﴿وَابْيَضَّتْ عَيْنَاهُ مِنَ الْحُزْنِ فَهُوَ كَظِيمٌ﴾

« Ses yeux blanchirent de chagrin, tandis qu’il contenait sa douleur. »

Yousouf, 12:84


Mais sa douleur ne détruit pas sa confiance. Il dit : 


 ﴿إِنَّمَا أَشْكُو بَثِّي وَحُزْنِي إِلَى اللَّهِ﴾

« Je ne me plains de ma détresse et de mon chagrin qu’à Allah. »

Yousouf, 12:86


Se plaindre à Allah n’est pas se plaindre d’Allah. La tristesse peut habiter le cœur sans en chasser la foi.


Maryam : la souffrance appelle la compassion


Seule et éprouvée au moment de son accouchement, Maryam عليها السلام dit :


﴿يَا لَيْتَنِي مِتُّ قَبْلَ هَٰذَا وَكُنتُ نَسْيًا مَّنسِيًّا﴾

« Ah ! Que ne suis-je morte avant cela et que ne suis-je totalement oubliée ! »

Maryam, 19:23


Allah ne la condamne pas. Il la console : 


 ﴿أَلَّا تَحْزَنِي قَدْ جَعَلَ رَبُّكِ تَحْتَكِ سَرِيًّا﴾

« Ne t’attriste pas ! Ton Seigneur a placé sous toi un ruisseau. »

Maryam, 19:24


Une leçon demeure : face à celui qui souffre, la première réponse n’est pas toujours une leçon, parfois, c’est une présence.


Ayoub : l’épreuve n’est pas l’abandon


Ayoub عليه السلام invoque Allah : 


 ﴿أَنِّي مَسَّنِيَ الضُّرُّ وَأَنتَ أَرْحَمُ الرَّاحِمِينَ﴾

« Le mal m’a touché, et Tu es le plus Miséricordieux des miséricordieux. »

El-Anbiyâʾ, 21:83


Il reconnaît sa souffrance sans perdre confiance en la miséricorde divine. Allah répond :


﴿فَكَشَفْنَا مَا بِهِ مِن ضُرٍّ﴾

« Nous dissipâmes le mal dont il souffrait. »

El-Anbiyâʾ, 21:84


L’épreuve peut être longue, la miséricorde d’Allah, elle, n’est jamais absente.


Moussa : avoir peur sans perdre l’espérance


Devant la mer, poursuivi par Pharaon, le peuple de Moussa عليه السلام s’écrie : 


  ﴿إِنَّا لَمُدْرَكُونَ﴾

« Nous allons être rejoints ! »

Coran, 5:8


Moussa répond : 


 ﴿كَلَّا ۖ إِنَّ مَعِيَ رَبِّي سَيَهْدِينِ﴾

« Non ! Mon Seigneur est avec moi et Il me guidera. » 

Esh-Shouʿaraʾ, 26:61-62


La foi ne nie donc pas la peur : elle refuse simplement de lui donner le dernier mot.


Les larmes ne diminuent pas la foi


Lorsque son fils Ibrahim mourut, le Prophète ﷺ pleura et dit : « Les yeux versent des larmes et le cœur s’attriste. » (El-Boukhari).


Puis il ajouta : « Mais nous ne disons que ce qui satisfait notre Seigneur. »


La foi ne demande pas au cœur de devenir une pierre.


Allah dit : 


﴿وَلَا تَهِنُوا وَلَا تَحْزَنُوا﴾

« Ne faiblissez pas et ne vous affligez pas. »

El Imran, 3:139


Le Prophète ﷺ a dit : « Celui qui ne fait pas miséricorde ne recevra pas de miséricorde. » (El-Boukhari et Muslim).


Lorsqu’une personne souffre, ne lui ajoutons pas le poids de la culpabilité. Ne lui disons pas trop vite : « Tu dois avoir davantage de foi ». Disons-lui plutôt : « Je suis là. Parle-moi. Nous allons chercher de l’aide. Et ensemble, nous invoquerons Allah. »


Car le secours peut venir par une invocation, mais aussi par une main tendue, un proche, un médecin, un psychologue ou une présence qui refuse de partir.


Le Coran m’a appris à espérer sans nier, à pleurer sans désespérer, à souffrir sans culpabiliser. Car le croyant n’est pas celui qui ne connaît jamais la douleur, c’est celui qui, au cœur même de la douleur, continue d’es-pérer la douceur. Quand le cœur est dans la nuit, ne lui reprochons pas son obscurité ; montrons-lui simp-lement où se trouve la lumière.



*Article paru dans le n°124 de notre magazine Iqra.




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