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Sabil al-Iman (n°102) - Continuer seul : quand la foi devient un combat silencieux

  • il y a 2 heures
  • 8 min de lecture

Par Cheikh Khaled Larbi

Quand les voix s’éteignent et que les rangs se dispersent, 

Quand la ferveur retombe et que les habitudes reprennent, 

Quand la nuit ne pleure plus et que l’âme se berce,

C’est là que commence la foi… quand plus rien ne la soutienne.


Ramadan est passé. Comme une lumière intense, comme une étreinte céleste, comme un souffle qui a traversé les cœurs. Tu as prié plus. Tu as pleuré parfois. Tu t’es retenu. Tu t’es rapproché. Mais aujourd’hui… quelque chose a changé. Le silence est revenu. La solitude aussi. Et c’est précisément ici que commence Sabil al-Iman : le chemin de la foi quand il n’y a plus de foule pour t’accompagner.


Allah dit : « Et adore ton Seigneur jusqu’à ce que te vienne la certitude (la mort). » (Sourate El-Hijr) Ce verset ne parle pas d’un mois. Il parle d’une constance. D’une fidélité. D’un engagement qui ne dépend ni d’une ambiance… ni d’une saison. Car la vérité est là : pendant Ramadhan, tu marchais porté. 


Après Ramadan, tu marches seul. Mais le chemin, lui, n’a jamais changé. Et pendant que toi tu luttes pour rester constant… le monde, lui, continue de vaciller.


A Ghaza, des pères enterrent leurs enfants sans comprendre pourquoi la terre leur est de-venue si lourde. Au Soudan, des mères fuient avec pour seul bagage… ce qu’il leur reste de dignité. En Iran et dans les régions voisines, des peuples vivent entre tension, peur et incertitude.


Et toi… tu continues. Tu continues à prier, même quand c’est difficile. Tu continues à croire, même quand tout semble injuste. Tu continues à espérer, même quand les réponses tardent.


C’est cela, le vrai chemin. Le Prophète ﷺ a dit : « Le vrai émigré est celui qui délaisse ce qu’Allah a interdit. » (rapporté par Sahih el-Boukhari)


Aujourd’hui, l’émigration n’est plus un voyage physique. C’est un arrachement intérieur.


Quitter l’insouciance face à la souffrance des autres, l’indifférence face aux injustices, la facilité qui anesthésie le cœur.


Et choisir la conscience, la droiture, la sincérité.


Car continuer après Ramadhan… ce n’est pas faire plus. C’est tenir. Tenir quand personne ne regarde. Tenir quand la motivation disparaît. Tenir quand le monde donne mille raisons de lâcher.


Le Prophète ﷺ a aussi dit : « Les œuvres les plus aimées d’Allah sont celles qui sont constantes, même si elles sont peu. » (rapporté par Sahih el-Boukhari et Sahih Mouslim).


Alors peut-être que tu ne feras plus autant. Peut-être que tu tomberas. Peut-être que tu seras moins fort. Mais si tu continues… tu es déjà sur le chemin. Car la foi n’est pas une perfection. 


C’est une persévérance. Et dans ce monde où tout s’accélère… où les injustices deviennent des « informations »… où la souffrance devient une habitude… Le croyant, lui, ralentit. Il regarde. Il ressent. Il refuse d’oublier. « Et ne penchez pas vers les injustes, sinon le Feu vous atteindra… » (Sourate Hud). Ce verset est un avertissement  silencieux.  Ne  pas  participer  à l’injustice… ne suffit pas. Il ne faut pas  non  plus s’y habituer. Car s’habituer… c’est déjà s’en rapprocher.


Alors tu avances. Parfois fatigué. Parfois perdu. Parfois seul. Mais jamais abandonné.


Parce que même si tu ne vois personne à tes côtés… Allah voit chaque effort, chaque lutte, chaque retour. Et peut-être que personne ne remarquera ta constance… Mais Allah, Lui, ne l’oubliera jamais. « Allah est doux envers Ses serviteurs… » (Sourate Esh-Shura).


Alors continue. Même doucement. Même imparfaitement. Même en silence.


Car le chemin vers Allah n’est pas celui des foules… C’est celui des cœurs sincères.


Et souviens-toi : ce n’est pas parce que Ramadhan est parti… Qu’ Allah s’est éloigné. Ce n’est pas parce que la ferveur est retombée… Que ta foi a disparu.


Ce n’est pas parce que le monde est injuste… Que tu dois l’être aussi.


Continue… même seul. Car au bout du chemin, il n’y a pas les regards des gens… 


Il y a la rencontre avec ton Seigneur.


Quand les pas vacillent

mais que l’intention persiste, 

Quand le cœur fatigue mais que l’âme résiste, 

Quand l’homme tombe mais

que vers Dieu il insiste,

C’est là que naît la foi… sincère,

humble et réaliste



*Article paru ans le n°103 de notre magazine Iqra.




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Sabil al-Iman (n°76) - Le Prophète ﷺ, école de miséricorde et de foi



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