Le Coran m’a appris (n°66) - La mort nous sépare-t-elle de la vie, ou nous révèle-t-elle son véritable prix ?

Par Cheikh Khaled Larbi
Il est des absences qui nous bouleversent et des adieux qui nous rappellent l’essentiel. Le Coran m’a appris à regarder la mort non comme une simple fatalité, mais comme un rappel de la valeur de la vie, du temps qui nous est accordé et de la responsabilité qui accompagne chacun de nos actes.
Le Coran m’a appris que la mort donne son prix à la vie
Allah dit :
« Toute âme goûtera la mort. Et c’est seulement au Jour de la Résurrection que vous recevrez pleinement vos rétributions. »
Coran, 3 : 185
Le Coran m’a appris que la mort ne distingue ni le riche du pauvre, ni le puissant du faible. Elle nous rappelle que nos biens, nos titres et nos fonctions sont éphémères. Cette certitude ne doit pas nous enfermer dans la peur, mais nous inviter à l’humilité et à la conscience de nos responsabilités.
Allah nous rappelle également qu’Il a créé la mort et la vie afin de nous éprouver et de voir qui de nous accomplit les meilleures œuvres (Coran, 67 :2). Le Coran m’a appris que notre valeur ne se mesure pas à ce que nous possédons, mais à la sincérité de nos intentions et au bien que nous accomplissons.
Le Coran m’a appris à ne pas remettre l’essentiel à demain
Combien de pardons reportés, de réconciliations repoussées et de paroles d’amour gardées pour un lendemain incertain ? Le Coran m’a appris que le temps est un dépôt précieux et que certaines occasions ne reviennent jamais.
Allah nous rapporte le regret de celui qui, arrivé au terme de sa vie, demande un délai pour faire l’aumône et être parmi les gens de bien (Coran, 63:10). Ce verset m’invite à ne pas attendre la perte pour reconnaître la valeur d’une présence, ni le regret pour réparer une injustice.
Le Prophète ﷺ nous a également conseillé de vivre ici-bas comme un étranger ou un voyageur de passage (Sahih el-Boukhari). Le Coran m’a appris, à la lumière de cet enseignement, à aimer la vie et à construire sans oublier ma destination ultime.
Le Coran m’a appris que les œuvres sont notre véritable héritage
Allah dit :
« Les biens et les enfants sont l’ornement de la vie de ce monde. Cependant, les bonnes œuvres durables ont auprès de ton Seigneur une meilleure récompense et suscitent une meilleure espérance. »
Coran, 18 : 46
Le Coran m’a appris que tout ce que nous accumulons ne nous accompagne pas dans la tombe. Le Prophète ﷺ nous enseigne que les œuvres d’une personne se poursuivent notamment par une aumône continue, un savoir utile et un enfant vertueux qui invoque Allah pour elle (Sahih Mouslim).
Je ne choisis ni la durée de mon existence ni le jour de mon départ, mais je peux œuvrer dès aujourd’hui pour que mon passage sur terre laisse une trace de bonté, de savoir et de générosité.
Le Coran m’a appris à pleurer sans désespérer
La foi n’efface pas la douleur de la séparation. Elle nous apprend à la traverser. Évoquant son chagrin, le prophète Yaqub dit :
« Je ne me plains de ma souffrance et de mon chagrin qu’à Allah. »
Coran, 12 : 86
Le Coran m’a appris que les larmes ne sont pas une faiblesse et que la tristesse n’est pas incompatible avec la foi. Nous pouvons pleurer ceux que nous aimons, prier pour eux et perpétuer le bien qu’ils nous ont transmis, sans cesser de vivre.
Il m’a appris que le souvenir des défunts doit devenir une invitation à la fidélité, à la transmission et à la bonté, plutôt qu’un enfermement dans l’absence.
Le Coran m’a appris à espérer jusqu’à mon dernier souffle
Allah dit :
« Ô Mes serviteurs qui avez commis des excès à votre propre détriment, ne désespérez pas de la miséricorde d’Allah. »
Coran, 39 : 53
Le Coran m’a appris que le rappel de la mort ne doit pas seulement susciter l’émotion, mais transformer nos comportements. Il m’invite à demander pardon, à réparer mes erreurs, à respecter les droits d’autrui et à accomplir le bien tant qu’il en est encore temps.
Il m’a appris que nous devons vivre entre la conscience de nos responsabilités et l’espérance en la miséricorde divine.
Le Coran m’a appris à vivre en me souvenant de l’éternité
Au terme de cette méditation, je comprends que le Coran ne m’a pas seulement appris à regarder la mort : il m’a appris à regarder la vie autrement.
Chaque journée est un dépôt, chaque relation une responsabilité et chaque bonne action une occasion de se rapprocher d’Allah. Je ne sais ni quand viendra ma dernière heure ni quelle trace je laisserai derrière moi. Mais je peux choisir, dès aujourd’hui, de laisser moins de blessures et davantage de pardon, moins d’indifférence et davantage d’humanité.
Car la vie s’achève, mais le bien accompli avec sincérité conserve sa valeur auprès d’Allah.
Le Coran m’a appris à ne pas attendre la mort pour comprendre la valeur de la vie, mais à faire de chaque jour une occasion de préparer à l’éternité.
*Article paru dans le n°127 de notre magazine Iqra.
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