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Le Hadith de la semaine (n°95) - Comment se confirme le mois de Ramadhan ?

  • il y a 1 heure
  • 7 min de lecture


Par Cheikh Younes Larbi

D’après Abdullâh ibn ‘Omar, qu’Allah soit satisfait d’eux deux, le Messager d’Allah ﷺ a dit :


« Ne jeûnez pas avant d’avoir vu le croissant de lune, et ne rompez pas le jeûne avant de le voir. Si cela vous est impossible, alors estimez-le. »

rapporté par El-Boukhârî et Mouslim


Et dans une autre version :


« Si cela vous est impossible, alors complétez la période à trente jours. »


À première vue, ce hadith peut sembler simple, mais il ouvre un champ de réflexion vaste sur la signification du temps et sur la manière d’organiser la vie religieuse sans confusion, et sans que l’adoration ne se transforme en un espace d’initiatives individuelles contradictoires.


Le Coran lui-même attire l’attention sur le fait que les croissants de lune ne sont pas de simples phénomènes astronomiques isolés, mais des repères temporels partagés, par lesquels les hommes connaissent le début et la fin des mois, et sur lesquels se fondent de grandes obligations religieuses telles que le jeûne et le pèlerinage.


Dans cette perspective, le hadith prophétique fixe une limite à toute précipitation ou avance désordonnée dans le temps. Le jeûne ne commence pas parce qu’une personne « ressent » l’approche de Ramadhan ou pour un sentiment personnel quelconque ; il commence soit par une observation claire et incontestable, soit par le retour à l’original certain : compléter le mois à trente jours. Ainsi, il apparaît que la Loi divine ne récompense pas l’enthousiasme non maîtrisé, ni ne sacralise le doute, mais qu’elle éduque l’homme à la patience et à l’attente jusqu’à ce que la situation soit clairement établie.


Il est remarquable que cette guidance ne se limite pas au début du Ramadhan, mais concerne également sa fin. Tout comme il n’est pas permis de jeûner avant la confirmation de l’entrée du mois, il n’est pas permis de rompre le jeûne avant la certitude de sa sortie. Le temps dans l’adoration devient ainsi un cercle complet, avec un début et une fin ordonnés, sans saut ni raccourci. Cette prudence n’est pas un excès de rigueur, mais un souci que l’adoration reste collective et claire, sans plonger les croyants dans l’inquiétude permanente.


Enfin, ce hadith ne nous enseigne pas seulement à observer le croissant de lune, mais à gérer le temps avec équilibre, à vivre la religion sans qu’elle ne devienne un fardeau social répété. Dans une ville comme Paris, où la vie est souvent dans l’urgence et où les appartenances se multiplient, ce sens prend une importance particulière : que la religion devienne un facteur de stabilité, et que le jeûne soit un temps partagé dans la sérénité, et non une période de division. Ce point sera traité plus en détail dans la rubrique n°18 de notre revue, consacré au « Mizan El-Qadhaya : les affaires contemporaines à la lumière du texte et de la sagesse», pour ceux qui souhaitent approfondir et affiner leur lecture.

 


*Article à paraître dans le n°98 de notre magazine Iqra.




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